L’Almanach international

Parce que chaque jour est important quelque part dans le monde

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29 janvier : le nouvel an lunaire, fêté en Chine et dans toute l'Asie orientale

Des festivités qui ne se limitent pas au Nouvel an chinois car il est aussi fêté au Vietnam (la fête du Têt), en Indonésie, Malaisie, Corée du Sud (Seollal), Thaïlande ou aux Philip­pines…

 

C’est le Nouvel An lunaire (中国新年) : plusieurs pays asiatiques fêtent aujourd’hui leur entrée dans l’année du serpent (蛇) de bois (木), l’an 4723 du calendrier chinois.

Dans beaucoup de pays d’Asie où ce jour donne lieu à des festivités grandioses, au Vietnam (la fête du Têt, Tết Nguyên Đán), en Indonésie, Malaisie, Corée du Sud (Seollal, 설날), Thaïlande ou aux Philip­pines on n’apprécie guère le terme de Nouvel An chinois pour une fête que chaque pays s’est appropriée. De fait, il serait peut-être plus judicieux de parler de Nouvel An du calendrier chinois ou tout simplement de Nouvel An lunaire ou de Fête du Printemps (春节).

En Chine, la nouvelle année est une occasion de retrouvailles familiales, de retour dans sa terre natale ce qui donne lieu à d’innombrables allées et venues à travers le pays (plus de trois milliards de déplacements de personnes, ces dernières années pour toute la période des fêtes) avec son lot d’encombrements sur les routes, dans les gares aussi bien que dans les aéroports.

Pour célébrer cette fête marquante du calendrier, les Chinois du monde entier organisent des défilés hauts en couleur où se mêlent dragons, tigres et autres animaux du calendrier astrologique. Les participants, généralement habillés en tenue traditionnelle, portent des lampions et ne se gênent pas pour lancer des pétards censés chasser les démons. Cette manifestation, publique et joyeuse, est traditionnellement accompagnée d’une série de rituels à la maison qui perpétuent la tradition durant toute une semaine. Ainsi a-t-on pour coutume de rendre hommage aux ancêtres le premier jour puis de remettre aux enfants de petites enveloppes rouge et or (les hong bao) qui contiennent des étrennes et leur assurent réussite et prospérité pour l’année à venir. On s’habille de vêtements neufs ce jour-là où la couleur rouge domine, la couleur de la chance !

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, janvier 2025

 

La prière du nouvel an au Vietnam (photo Lưu Ly)

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28 janvier : Cuba fête l’anniversaire de son héros national

Non, il ne s’agit pas de Fidel Castro ni même de Che Guevara, mais d’un poète qui a lutté toute sa vie pour l’indépendance de Cuba : José Marti fait figure de héros national. Cela dit, les Cubains qui affrontent aujourd’hui les pénuries de nourriture, les coupures d’électricité et l’absence de liberté d’expression, ne vivent plus vraiment dans le culte du souvenir.

 

Non, il ne s’agit pas de Fidel Castro ni même de Che Guevara, mais de José Marti, un poète qui a lutté toute sa vie pour l’indépendance de Cuba. Mort lors de la bataille de Dos Rio, tué par les les Espagnols le 19 mai 1895, José Marti fait figure de héros de l’indépendance, son nom figure partout à Cuba. Chaque localité possède une statue ou au moins un buste du grand homme, il est célébré chaque 28 janvier par des cérémonies conclues par 21 salves de canon, tirées simultanément de la forteresse de San Carlos de la Cabaña, à La Havane. 

Le culte du fondateur du parti révolutionnaire cubain dont se réclamait Fidel Castro, ne faiblit pas. Il y a sept ans, pour son 165e anniversaire, la ville de New York a offert à La Havane une réplique de la statue de José Martí qui  avait été érigée en 1965 dans le sud de Central Park, face au Ritz. Ce même jour, une gerbe de fleurs est déposée au nom du général d’armée Raul Castro Ruz dans le mausolée qui contient les restes de José Marti (1853-1895), au cimetière de Santa Ifigenia.

José Marti est mort au combat en 1895. Finalement les Espagnols ont été chassés trois ans plus tard, en 1898, très vite remplacés par… les États-uniens qui ont dominé l’île jusqu’en 1959.

Hier soir, 27 janvier, à partir de 21 h, les traditionnelle marche aux flambeaux ont eu lieu dans le pays. À La Havane, le leader de la Révolution cubaine, Raúl Castro et le président de la République, Miguel Díaz-Canel, ont participé à la marche aux côtés d'autres autorités gouvernementales pour fêter le 172e anniversaire de la naissance de José Martí.

Le défilé de 2020 (photo : Alejandro Basulto)

Ce 28 janvier, au matin, un hommage lui est rendu à l’université de 10h à midi. L'événement commémoratif réunit les ambassadeurs de Chine, de Russie, de Bolivie, d'Algérie, de République dominicaine et d'autres membres du corps diplomatique accrédités dans ce pays sud-américain, ainsi que des membres de la mission de l'île en Équateur et des résidents cubains dans ce pays andin.

On célèbre également le 66e anniversaire du Triomphe de la Révolution et le 36e anniversaire de la fondation du Mouvement des jeunes martiens (Movimiento Juvenil Martiano : les partisans de José Marti), créé le 28 janvier 1989 par la Ligue de la Jeunesse Communiste. Le Mouvement a pour mission de chercher à promouvoir l'étude, la recherche et la diffusion de la vie et de l'œuvre de l'Apôtre. Avec deux jours d’avance, on marque aussi la Journée de l'identité latino-américaine.

Les Cubains qui affrontent aujourd’hui les pénuries de nourriture, les coupures d’électricité et l’absence de liberté d’expression, ne vivent plus dans le culte du souvenir. Ces cérémonies mémorielles ont quelque chose de surréaliste dans un pays qui connait aujourd’hui un exode massif faute de savoir se réformer.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 28 janvier 2025

 
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Dans La Havane, la réplique de la statue à José Martí de New York


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1945, Allemagne, Israël, Pologne, Shoah Bruno Teissier 1945, Allemagne, Israël, Pologne, Shoah Bruno Teissier

27 janvier : il y a 80 ans, on “découvrait” l'horreur d'Auschwitz

Il y a 80 ans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau était libéré par l’Armée Rouge. Les soldats russes découvraient 7650 survivants à la limite de leurs forces. Des cérémonies ont lieu un peu partout dans le monde, ainsi que dans ce qui reste du camp. Cette année, elles se dérouleront avec des délégations de 151 pays mais sans les officiels russes.

 

Cette commémoration est récente : la date du 27 janvier a été choisie par le Conseil de l’Europe, en 2002, puis adoptée par la France, en 2003, comme Journée de la mémoire de la Shoah et de prévention des crimes contre l’humanité dans les établissements scolaires. Plus récemment encore, en 2006, l’ONU en a fait la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

Il y a 80 ans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau était libéré par l’Armée Rouge. Les soldats russes découvraient 7650 survivants à la limite de leurs forces. Dix jours plus tôt les SS de l’armée allemande, reculant devant les Soviétiques, avaient emmené 58 000 personnes dans une marche de la mort qui fut fatale à la plupart de ces prisonniers faméliques. Le camp a été construit par les autorités nazies à Oświęcim (Auschwitz en allemand) à 60 km de Cracovie dans la Pologne occupée. Lors de son agrandissement, ce camp englobera celui de Birkenau. Le bilan de son activité ne sera établi qu’après la guerre : 1 100 000 personnes y sont mortes, exterminées par le gaz dans leur grande majorité, dont 960 000 juifs.  

Pour ce 80e anniversaire, 51 délégations de 51 pays différents, soit environ 3 000 personnes, sont rassemblées sous une immense tente à l’entrée de Birkenau. Deux absents importants : Vladimir Poutine comme Benyamin Nétanyahou font l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI), justifié par des accusations reposant sur l’implication respective du premier dans des rapts d’enfants ukrainiens depuis l’invasion russe de l’Ukraine, et du second dans des “crimes de guerre et crimes contre l’humanité” commis dans la bande de Gaza. Signataire du traité de Rome, la Pologne est tenue d’appliquer les mandats d’arrêts de la CPI. Elle avait pourtant annoncé ne pas l’appliquer pour Netanyahou. Ce dernier a néanmoins préféré se faire représenter par son ministre de l’Éducation, Yoav Kisch.

Lors des cérémonies du 70e anniversaire, il y a 10 ans, les Polonais avaient «oublié» d’inviter les officiels russes. Le Kremlin ayant accusé, à plusieurs reprises, mais à tort, l’État polonais d’avoir collaboré avec Hitler… La mémoire, fut-elle aussi douloureuse, n’échappe pas à la géopolitique.

En France outre, la cérémonie annuelle du Mémorial de la Shoah (inauguré le 27 janvier 2005), une autre est organisée ce lundi à partir de 14 heures à Drancy (Seine-Saint-Denis) où se trouvent les vestiges du camp d'internement et de transit vers Auschwitz et d'autres camps d'extermination nazis.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 27 janvier 2025

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338, Géorgie, 27 janvier, orthodoxes, vie de saint Bruno Teissier 338, Géorgie, 27 janvier, orthodoxes, vie de saint Bruno Teissier

27 janvier : les Géorgiens fêtent sainte Nino

Aujourd’hui, en Géorgie, c’est Ninooba, la fête de sainte Nino. Cette fête religieuse n’est pas fériée mais elle est très populaire dans le pays car on attribue à Nino la christianisation de la Géorgie.

 

Aujourd’hui, en Géorgie, c’est Ninooba (ნინოობა), la fête de sainte Nino (წმინდა ნინო). Cette fête religieuse n’est pas fériée mais elle est très populaire dans le pays car on attribue à Nino la christianisation de la Géorgie.

Cette fille d’un général romain établi en Cappadoce, elle serait arrivée dans le royaume d’Ibérie (le nom antique de la Géorgie) en l’an 318, le 1er juin selon la tradition. Elle s’est établie à Mtskheta, où elle fabriqua une croix faite d'un sarment de vigne (« naskhlevi ») en guise de prière. Cette « croix de la vigne » ou « croix de sainte Nino », dont les branches horizontales sont penchées vers le bas, est restée son symbole.

On raconte qu’elle aurait guéri miraculeusement la reine Nana, puis finalement le roi Mirian III d'Ibérie. Selon la légende, celui-ci, se retrouvant perdu dans les ténèbres et aveuglé au cours d’une partie de chasse, ne put trouver son chemin qu’après avoir prié le « Dieu de Nino ». Suite à cela il a déclaré le christianisme religion officielle de son royaume d’Ibérie (vers 327) et Nino aurait ensuite converti, l’une après l’autre, toutes les régions de Géorgie. Elle est morte en chemin, le 27 janvier 338, dans le village de Bodin où, aujourd’hui, le complexe monastique de Bodbe (en Kakhétie) affirme abriter sa tombe. C’est aujourd’hui un lieu de pèlerinage. Quant à la croix de vigne, attachée avec les cheveux de sainte Nino, elle serait conservée dans la cathédrale de l'Assomption de Tbilissi.

Les Géorgiens la fête le 27 janvier (jour de sa mort, 14 janvier selon le calendrier julien de l’église apostolique de Géorgie) mais aussi le 1er juin (anniversaire de son arrivée en Géorgie. Les autres églises orthodoxes, ainsi que les catholiques la célèbre le 14 janvier.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 25 janvier 2025

 
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1986, Ouganda, libération, 26 janvier Bruno Teissier 1986, Ouganda, libération, 26 janvier Bruno Teissier

26 janvier : l’Ouganda commémore sa libération et célèbre sa dictature

Le 26 janvier est férié en Ouganda en souvenir du renversement d’une junte militaire, en 1986. 39 ans plus tard, le héros de la libération du pays, Yoweri Museveni est toujours au pouvoir ! Et sa dictature ne vaut guère mieux que celle qu’il a renversée.

 

Le 26 janvier est férié en Ouganda en souvenir du renversement d’une junte militaire. 39 ans plus tard, le héros de la libération du pays, Yoweri Museveni est toujours au pouvoir ! Et sa dictature ne vaut guère mieux que celle qu’il a renversée.

Le 26 janvier 1986, de la junte du général Tito Okello était renversé par l’Armée de la résistance nationale conduite par un général passé au maquis. Okello était au pouvoir depuis qu’il avait, lui-même, renversé le président et dictateur Milton Oboté, un an plus tôt. Le meneur de ce mouvement de libération est le général Yoweri Museveni qui a passé sept ans dans le maquis pour lutter contre les deux dictateurs successifs.

En 1986, Yoweri Museveni, le héros de la libération du pays a été élu président de l’Ouganda, et son armée du maquis est devenue le MRN, le Mouvement de Résistance Nationale. 39 ans plus tard l’un comme l’autre sont toujours à la tête de l’Ouganda. Yoweri Museveni, aujourd’hui octogénaire, songe à briguer un septième mandat en 2026. Si rien ne bouge, il a de fortes chances de l’emporter puisqu’il contrôle le pays d’une main de fer. À moins qu’il ne laisse la présidence à son propre fils, Muhoozi Kainerugaba…

La Journée de la libération du NRM (NRM Liberation Day), célébrée chaque année le 26 janvier, est bien destinée à consolider sa dictature en dépit des violations des droits humains, du harcèlement des journalistes, du chômage, de la pauvreté, de la dégradation des services de santé et le déclin de l'économie. Cette année, c’est à Munbende que se déroule les festivités, un district bien délaissé où rien n’a bougé depuis quatre décennies, malgré un vote constant pour le MRN. Hier, le dictateur Yoweri Museveni prononçait son discours à la nation lui faisant part de sa vision de l’avenir de l’Ouganda.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 25 janvier 2025

L’armée occupe une grande place lors des festivités du 21-Janvier

 
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2011, Égypte, révolte populaire, 24 janvier, 1952 Bruno Teissier 2011, Égypte, révolte populaire, 24 janvier, 1952 Bruno Teissier

25 janvier : l’Égypte fête sa révolution, mais quelle révolution ?

L’Égypte célèbre par un jour férié le “Jour de la révolution et de la police” (sic), une fête très ambiguë dont le sens a été détourné et qui sert avant tout à légitimer le régime en place.

 

Le 25 janvier est un jour férié en Égypte. C’est le Jour de la Révolution (يوم ثورة 25 يناير), il commémore la chute du régime d’Hosni Moubarak en 2011. Mais que penser d’une révolution qui, en fin de compte, n’a abouti qu’à la pérennisation et même au renforcement du régime militaire dont le président Moubarak était le représentant et dont Sissi a simplement pris la suite. Car si le 25 janvier est censé célébrer un mouvement populaire, pas question aujourd’hui de songer à organiser une manifestation ce jour-là. La police, que l’on fête le même jour, serait aussitôt lancée à l’assaut des manifestants.

Les événements du 25 janvier 2011 s’inscrivent dans la vague des « printemps arabes ». Tout avait commencé en Tunisie le 17 décembre 2010 et avait entrainé de manière subite, la chute du président Ben Ali, le 14 janvier 2011. Par effet d’imitation, la jeunesse égyptienne s’est  soulevée et les premières grandes manifestations anti-Moubarak se sont déroulées le 25 janvier. L’effet sera presque immédiat puisque le président en place depuis 30 ans devra se retirer le 11 février suivant sous la pression populaire.

La date du 25 janvier n’avait pas été choisie au hasard, c’est la Journée de la police (يوم الشرطة). Le 25 janvier 1952, les policiers d’’Ismaïlia refusèrent de remettre leurs armes aux forces britanniques. Pour la jeune nation égyptienne en quête d’indépendance, la résistance des policiers devient aussitôt un symbole du soulèvement des Égyptiens contre l’occupant anglais. Cela aboutira à la Révolution du 23 juillet 1952 qui, justement, a mis l’armée égyptienne au pouvoir. Et celle-ci, comme en Algérie, ne l’a jamais lâché. C’est le président Moubarak, soucieux de conforter son régime de répression où l’action de la police était déterminante qui avait fait du 25 janvier un jour férié dédié à la police (et il l’est resté). En réaction, le 25 janvier 2011 a été choisi symboliquement par les utilisateurs d'internet comme jour de protestation contre le régime, lui reprochant notamment sa répression policière. Cinquante-neuf ans plus tard, la police était devenue le symbole de la répression du régime. En 2011, elle fit donc profil bas. Le 1er février 2011, on comptait plus d'un million de manifestants dans tout  le pays. C’était une marée humaine place Tahrir, au Caire, cœur de la contestation. La révolution était en marche, le pouvoir hésitait entre répression et négociations, l’armée servant d’arbitre. 

On se souvient que c’est la mort d’un jeune Égyptien, Khaled Saïd, au cours de son arrestation par la police en juin 2010 dans un cybercafé d’Alexandrie, qui avait été l’étincelle de la révolution égyptienne. C’est la page Facebook “Nous sommes tous Khaled Saïd” qui sera l’un des principaux vecteurs de mobilisation de la révolution du 25 janvier. L’affaire de la mort de Khaled Saïd n’a été soldée devant la justice qu’en décembre 2021. La famille du jeune homme a en effet reçu un dédommagement de 1 million de livres égyptiennes (56 000 euros).

La place Tahrir (« libération ») est baptisée ainsi depuis 1952. Elle est devenue à elle seule le symbole de toutes les révolutions arabes : les grandes places de Manama (Bahreïn), Benghazi (Libye) et Homs (Syrie) ont été chacune rebaptisées place Tahrir par les manifestants se voyant tous comme des mouvements de libération du peuple face à un pouvoir qui a confisqué l’État à la Nation.

On le sait, la révolution va déboucher sur des élections libres, les premières (et les seules à ce jour) de l’histoire de l’Égypte qui vont porter au pouvoir le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, élu le 30 juin 2012, avec 51,73% des voix. Très rapidement, par sa politique d’islamisation du pays, il se met à dos tous ceux qui avaient combattu pour un pouvoir civil, démocratique et laïque. Un an plus tard, des manifestations monstres réclament le départ du président Morsi. Elle atteignent leur apogée le 30 juin. Une aubaine pour l’armée qui le destitue le 3 juillet et l’emprisonne. 

Suite à ce coup d’État militaire, une répression féroce d’abat aussitôt sur les Frères musulmans (dans les semaines qui suivent, ils seront massacrés par centaines), mais elle s’abat aussi sur le camp démocrate, la jeunesse laïque et de gauche, ceux-là mêmes qui avaient lancé la révolution du 25 janvier ! Début 2014, une nouvelle Constitution, renforçant les pouvoirs de l'armée est approuvée par référendum mais dans des conditions non démocratiques. Celui que le président Morsi avait placé à la tête de l’armée, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, se fait élire président (avec 96,9% des voix...) après avoir éliminé toute opposition, islamiste d'abord, puis libérale et laïque. Le président Sissi est aujourd’hui dans la même position et avec la même posture que son prédécesseur Moubarak. C’est un peu comme si la révolution n’avait pas eu lieu. La date du 25 janvier est toujours inscrite au calendrier officiel des commémorations mais comme Jour de la révolution et de la police (الجمعة ٠٨ يوليو - الثلاثاء ١٢ يوليوعيد الأضحى المبارك). L’événement est utilisé par le pouvoir pour rassembler ses partisans et organiser de grands rassemblements démonstratifs d’une adhésion populaire qui n’est que de façade. Le 25 janvier est une fête très ambiguë, dont le sens a été détourné et qui sert, avant tout, à légitimer le régime en place. #jan25

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 24 janvier 2025

 
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2008, Inde, femmes, 24 janvier Bruno Teissier 2008, Inde, femmes, 24 janvier Bruno Teissier

24 janvier : l’Inde s’inquiète pour ses filles

L’Inde est l’un des pays au monde où il naît le moins de filles. Aussi pour sensibiliser la société à la nécessité de respecter et de protéger les filles, on a instauré une Journée nationale de la fille, le 24 janvier.

 

Le 24 janvier, les Indiens célèbrent la Journée nationale de la fille (National Girl Child Day). Elle a été instaurée en 2008 pour sensibiliser la société à la nécessité de respecter et de protéger les filles. La célébration est coordonnée par le ministère de la Femme et du Développement de l'enfant.

L’Inde est avec le Chine, l’un des pays au monde où il naît le moins de filles : 937 pour 1000 garçons. Jadis on les faisait disparaître discrètement à la naissance, aujourd’hui grâce aux échographies, on pratique des avortements sélectifs. Pour éviter cela, il est aujourd’hui interdit aux médecins de révéler le sexe de l’enfant, mais la pression de la famille est telle… L’écart entre les sexe s’accroît pendant les premières années de la vie des enfants, car on prend moins soin d’une fille. Selon un proverbe indien, « élever une fille revient à arroser le jardin de son voisin » En effet, avoir une fille c’est s’occuper d’elle, dépenser pour son mariage (la dot), pour que celle-ci plus tard ne se consacre qu’à sa belle-famille. Dans un pays où il n’y a quasiment pas de retraite, n’avoir que des filles c’est la perspective de terminer sa vie, seul et, pour les plus pauvres, dans la misère. Les garçons, au contraire, sont ceux qui s'occuperont des parents âgés.

L’équilibre fille/garçon n’est pas propre à toutes les États de l’Union indienne. Il concerne avant le nord et l’ouest du pays, surtout les États les plus conservateurs comme l’Haryana, le Pendjab, le Cachemire où le ratio tombe à 8,8/10, mais aussi les société très patriarcales de l’Uttar Pradesh ou du Gujerat. Le phénomène est infiniment moins marqué sur la côte orientale, de l’Orissa au Tamil Nadu ainsi que dans le Nord-Est où on est autour de 9,8. Quant au Kerala, qui confirme sa singularité, il y naît un peu plus de filles que de garçons 10,8/10.

Chaque année, le 24 janvier, les Indiens célèbrent la Journée nationale des filles. Cette année, on célèbre le dixième anniversaire du programme Beti Bachao, Beti Padhao (BBBP) (« Sauver les filles, éduquer les filles ») lancé par le premier ministre Narendra Modi en janvier 2015. Le ministère de la Femme et du Développement de l'enfant a lancé cette journée en 2008. Depuis, la journée est célébrée dans toute l'Inde avec un thème annuel. Celui de 2025 est « Donner aux filles les moyens de se construire un avenir meilleur ». Ce thème met l'accent sur la nécessité d'offrir aux filles des chances égales de diriger et de façonner leur avenir tout en reconnaissant leur rôle vital dans la société.

À l’échelle internationale, il existe une Journée internationale, le 11 octobre, proposée par l’ONU.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 24 janvier 2025

(Photo Ramesh Lalwani) 

La ministre du Développement de la femme et de l'enfant, Renuka Chowdhury, présente un calendrier, lors du lancement de nouvelles initiatives pour le bien-être des filles, à New Delhi, en janvier 2009.

 
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1899, Philippines, république, 23 janvier Bruno Teissier 1899, Philippines, république, 23 janvier Bruno Teissier

23 janvier : la première et éphémère République des Philippines

Cette journée commémore la première république des Philippines qui se croyaient indépendantes. Ce régime n’a duré que quelques mois (1899-1901), occupés à tenter de repousser l’invasion états-unienne qui lui sera fatale.

 

Le Jour de la Première République des Philippines (Araw ng Unang Republika ng Pilipinas) n’est pas un jour férié, mais une commémoration officielle, instaurée récemment, en souvenir de l’entrée en vigueur de la Constitution de Malolos, le 23 janvier 1899. Elle fondait le premier régime républicain dans l’archipel, lequel venait d’échapper à trois siècles et demi de colonisation espagnole.

Conduite par Andrés Bonifacio, une révolution populaire contre l'Empire espagnol avait permis une déclaration d’indépendance, le 12 juin 1898. Plusieurs gouvernements révolutionnaires se sont succédé jusqu’à cette première république instaurée le 23 janvier 1899. Malheureusement l’Espagne vaincue par les États-Unis leur avait cédé les Philippines (traité de Paris, 1898) dans le dos des Philippins qui croyaient pourtant avoir gagné leur indépendance. Les Philippines tentèrent de résister militairement, déclarant la guerre à Washington, le 4 février 1899. Peine perdue de colonie espagnole, elles devenaient une colonie états-unienne pour un demi-siècle. Victime d’un nouvel impérialisme, la première république philippine, présidée par le général Aguinaldo, cessera officiellement d'exister le 1er avril 1901. L’indépendance, la vraie, ne sera obtenue qu’en 1946.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 23 janvier 2025

(source : OCD, Manille)

 
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1823, Hongrie, hymne, 22 janvier Bruno Teissier 1823, Hongrie, hymne, 22 janvier Bruno Teissier

22 janvier : la Journée de la culture hongroise

La Journée de la culture hongroise est célébrée depuis 1989, en souvenir du jour où le poète Ferenc Kölcsey a achevé le manuscrit de l'hymne national. C’était à Szatmárcsek le 22 janvier 1823.

 

La Journée de la culture hongroise (Magyar Kultúra Napja) est célébrée depuis 1989, en souvenir du jour où le poète Ferenc Kölcsey a achevé le manuscrit de l'hymne national. C’était à Szatmárcsek le 22 janvier 1823. En décembre 2022, le 22-Janvier est devenu une journée de commémoration officielle, pour une première célébration le 22 février 2023 afin de marquer le 200e anniversaire de l’hymne national hongrois.

C’est en effet le 22 janvier 1823 que le poète Ferenc Kölcsey a achevé son grand poème Himnusz (« Hymne ») ou Isten, áldd meg a magyart (« Bénis le Hongrois, ô Seigneur »), tiré des Siècles tonitruants du peuple hongrois, qui est devenu en 1989 l'hymne national de la Hongrie sur une musique de Ferenc Erkel datée de 1844.

Concerts, soirées littéraires, projections de films et expositions. Cette année, de nombreux programmes passionnants ont été préparés dans tout le pays pour la Journée de la culture hongroise. Plusieurs prix sont décernés ce 22 janvier : le prix littéraire Sándor Márai, le prix Csemadok pour la culture publique et l'œuvre de toute une vie, ainsi que les prix István Gyurcsó et Zoltán Fábry.

Bien que signalée dans tous les médias, la Journée de la culture hongroise demeure toutefois assez confidentielle.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 22 janvier 2025

 
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1948, Canada, Québec, drapeau, 21 janvier Bruno Teissier 1948, Canada, Québec, drapeau, 21 janvier Bruno Teissier

21 janvier : le Québec fête son drapeau, le Fleurdelisé

Le 21 janvier 1948, le drapeau du Québec, une croix blanche sur fond bleu assorti de quatre fleurs de lys, a été hissé pour la première fois sur la tour centrale de l'hôtel du Parlement.

 

Le gouvernement du Québec invite les Québécoises et les Québécois à célébrer ce mardi 21 janvier le 77e anniversaire de la levée du drapeau du Québec, le Fleurdelisé, un symbole qui évoque le caractère culturellement distinct de la nation québécoise par rapport au reste du Canada. En effet, c’est le 21 janvier 1948 que le drapeau du Québec, une croix blanche sur fond bleu assorti de quatre fleurs de lys, a été hissé pour la première fois sur la tour centrale de l'hôtel du Parlement.

Il venait remplacer le Red Ensign, le pavillon bleu, impopulaire car il arborait l'Union Jack sur un quart de son fond beu roi. Jusque-là, le Québec n’avait pas de drapeau très défini hormis cette bannière, imposée en 1868, rappelant la domination anglaise. Auparavant, les drapeaux utilisés étaient soit le Tricolore français soit la croix blanche sur le fond beu roi. Le lys héraldique, symbole des rois de France, décliné en différentes couleurs selon les régions, s'est aussi imposé comme symbole des Français d'Amérique puis de la francophonie nord-américaine. Et c’est bien un hasard du calendrier si les Québécois célèbrent leur drapeau à fleurs de lys le jour anniversaire de la mise à mort du roi Louis XVI.

C’est René Chaloult, un homme politique nationaliste, qui siégeait alors comme député indépendant à l'Assemblée législative du Québec, qui proposa en 1947 de créer un nouveau drapeau provincial pour remplacer le Red Ensign. On discuta sur plusieurs options. Finalement, on opta pour une version un peu modifiée d’une bannière qui aurait été brandie par la milice canadienne-française à la bataille de Carillon en 1758.

C’est le 9 mars 1950 que le Parlement du Québec a adopté la loi régissant l'utilisation du drapeau. La dernière version de cette loi a été adoptée en 2002. Quant au Jour du Drapeau, le 21 janvier, il a été instauré officiellement par décret en 1998, lors des célébrations du 50e anniversaire du drapeau du Québec. Cette journée a été entérinée en 1999 par la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec. Cette loi établit en même temps les autres symboles officiels du Québec, ses armoiries comme emblème de l'État, le bouleau jaune comme arbre emblématique, l'iris versicolore comme emblème floral et le harfang des neiges comme oiseau symbole du Québec.

Il existe un autre drapeau québécois, vert-blanc-rouge en bandes horizontale, le drapeau dit “des patriotes” ou “tricolore bas-canadien” créé au XIXe siècle qui est toujours utilisé lors de la Journée nationale des patriotes mais aussi brandi lors de manifestations d’extrême droite, antivax ou pro-Trump.

Quant au Canada, c’est le 15 février qu’il fête son drapeau à la feuille d’érable, adopté en 1965 seulement.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 19 janvier 2025

 
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1961, Mali, armée, 20 janvier Bruno Teissier 1961, Mali, armée, 20 janvier Bruno Teissier

20 janvier : le Mali fête son armée dans une ambiance morose

La Journée de l’armée rappelle le discours du président Keita, le 20 janvier 1961, exigeant le départ des troupes françaises. Aujourd’hui au pouvoir au Mali et appuyée par les Russes, l’armée n’arrive pas à venir à bout de l’insécurité grandissante qui accable le Mali.

 

La Journée de l’armée célébrée aujourd’hui rappelle le discours du président Modibo Keita, le 20 janvier 1961, qui exigeait le départ du pays des troupes coloniales françaises, ce qu’il entendait comme une manifestation de solidarité avec le FLN en lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Ainsi, de juin au 5 septembre 1961, toutes les bases françaises au Mali (ancien Soudan français) seront évacuées.

Ce 20 janvier 2025, la 64e Journée de l’armée se déroule dans une ambiance un peu particulière. L’armée est de plus en plus hégémonique dans le pays. Le président Goïta, un général putschiste qui a pris le pouvoir en 2022, a annoncé en avril 2024, qu’il comptait demeurer en place encore trois, voire cinq ans, au lieu de rendre le pouvoir en mai 2024, comme, cela était prévu. En outre, il a congédié son premier ministre, un civil, pour le remplacer par le général Abdoulaye Maïga, un fidèle. Une dictature militaire est en train de s’enraciner au Mali.

Quant aux Forces armées maliennes, pourtant appuyées par les forces russes de Wagner, elles ont subi une lourde défaite fin juillet 2024. Les groupes djihadistes ont continué à progresser vers le sud. En septembre dernier, Bamako a même été le théâtre d’un attentat perpétré par un groupe affilé à Al-Qaida et visant à la fois l’École de gendarmerie et l’aéroport militaire… autant dire que, cette année, l’armée malienne n’aura pas grand-chose à célébrer lors de la journée qui lui est dédiée.

Le traditionnel dépôt de gerbes de fleurs sur le monument du soldat inconnu et le discours d’hommages aux dizaines de soldats tués en juillet et en septembre (y compris des mercenaires russes) s’imposent particulièrement ce 20 janvier.

L’an dernier, après un 20-Janvier, marqué par un défilé militaire grandiose et une belle parade des aéronefs de l’Armée de l’Air, la junte au pouvoir avait annoncé, le 25 janvier, la "fin, avec effet immédiat", de l'accord d'Alger signé en 2015 avec les groupes indépendantistes du nord du pays, longtemps considéré comme essentiel pour stabiliser le pays. Les combats qui avaient recommencé depuis quelques mois, ont repris de plus belle.

Le Mali fait face à une rébellion ancienne des Touaregs qui vivent dans la moitié nord du pays et qui estiment être marginalisés par un pouvoir dominé par les Sudistes. Ils se sont plusieurs fois révoltés sans obtenir l’indépendance ou au moins l’autonomie espérée du nord du Mali. Des groupes à dominante touareg avaient repris les armes en 2012. Le conflit s’enlisant, des groupes islamistes radicaux ont fini par supplanter les indépendantistes et par prendre le contrôle de l’essentiel du nord du Mali, le conflit débordant sur le Burkina Faso et le Niger. Le gouvernement malien de l’époque avait réclamé une intervention militaire de la France, laquelle n’a pas permis de mettre fin au conflit. Pas plus que la signature de l’accord de 2015 avec les groupes rebelles. Des djihadistes ont continué à combattre l’État malien sous la bannière d’Al-Qaida ou de Daech. L’état de guerre n’a jamais véritablement cessé au nord du Mali.

Récemment, deux coups d’État successifs, en 2021 puis en mai 2022, ont abouti à un renversement d’alliance. La junte au pouvoir à Bamako a rompu avec Paris pour se tourner vers Moscou. Des soldats russes combattent aujourd’hui aux côtés de l’armée malienne. En marge des combats, les deux forces se rendent aussi coupables de massacres de civils qui ne font qu’accroître l’insécurité. De fait, la violence au Sahel n’a fait que progresser. Pas de quoi faire la fête ce 20 janvier 2025.

Ce lundi, la commémoration débute par une cérémonie officielle au camp militaire de Kati, en présence des membres de la junte, dont le président Assimi Goïtale, élevé au grade de général en octobre dernier et qui porte le titre de « président de la Transition ».  La journée sera marquée par des défilés militaires des Forces armées maliennes (FAMa), lesquelles se composent d'une armée de terre, d’une armée de l'air, d’une garde nationale ainsi que d'une gendarmerie, soit en tout 13 000 hommes. Un effectif somme toute assez modeste pour tenir un territoire deux fois plus grand que la France.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 19 janvier 2025

Soldats maliens (photo Samuel Bendet)

 
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1979, Inde, Langues, 19 janvier Bruno Teissier 1979, Inde, Langues, 19 janvier Bruno Teissier

19 janvier : la journée du kokborok, langue tibéto-birmane

Les locuteurs du kokborok, une langue tibéto-birmane de l’État indien du Tripura, ont toujours défendu leur langue afin qu’elle ne disparaisse pas comme de nombreuses langues de l’Inde chaque année.

 

Les locuteurs du kokborok, une langue tibéto-birmane parlée principalement dans les États indiens du Tripura (25% des habitants), mais aussi plus marginalement au Bengale occidental, dans l’Assam et au Mizoram, mais aussi dans dans les Chittagong Hill Tracts, au Bangladesh, soit en tout guère plus d’un million de personnes, ont toujours défendu leur langue afin qu’elle ne disparaisse pas comme de nombreuses langues de l’Inde chaque année.

Face au sanskrit et au persan (jadis), au bengali, puis à l’anglais de la puissance occupante, le kókborok n’était qu’un ensemble de dialectes, sans nom défini : c’était la langue (kók) des gens (borok), des autochtones. Aujourd’hui, elle est aussi appelée le tripuri. Dans les années 1970, les tribus ont lancé une revendication pour que la langue kokborok soit reconnue comme langue d'État, avec le soutien des formations de gauche. En 1975, une manifestation s’était même terminée par un mort et de très nombreux blessés, la police ayant ouvert le feu sur le cortège pacifique. D’ailleurs, un Jour des Martyrs est célébré le 3 mars de chaque année en mémoire du martyr de la langue, nommé Dhananjay Tripura.

Finalement, après la formation d’un premier gouvernement du Front de gauche en 1978, des initiatives ont été prises pour répondre aux quatre revendications des tribus. Le 19 janvier 1979, la langue Kokborok a reçu le statut de langue d'État. La Journée de la langue kokborok, chaque 19 janvier, célèbre l’anniversaire de cette reconnaissance. En même temps, la reconstruction des réserves tribales et la restitution des terres cédées aux tribus ont commencé. Dans cet État peuplé à 60% de Bengalis, les montagnes sont occupées par des tribus réclamant toujours plus d’autonomie. Aujourd’hui le BJP (droite nationaliste) est au pouvoir, certains mouvements d’extrême gauche entretiennent une agitation endémique.

La langue kókborok est enseignée dans les écoles du Tripura du primaire au secondaire supérieur depuis les années 1980. L’université du Tripura l’enseigne à partir de 1994 et délivre un diplôme d'études supérieures en kókborok depuis 2001. Il existe actuellement une demande de reconnaissance de la langue comme l'une des langues officielles reconnues de l'Inde conformément à l'annexe 8 de la Constitution. La forme officielle est le dialecte parlé à Agartala, la capitale de l'État du Tripura.

La question de l'écriture est très politisée, le gouvernement prône l’écriture bengali mais les organisations nationalistes ethniques (Kokborok Sahitya Sabha, Kokborok tei Hukumu Mission, Movement for Kokborok, etc.) préfèrent l'utilisation de l'écriture romaine. Récemment, la Fédération des étudiants de Twipra (TSF) a encore manifesté à Agartala pour cette seconde écriture. Les deux écritures sont désormais utilisées dans l’enseignement ainsi que dans les cercles littéraires et culturels.

La Mission Kokborok tei Hukumu (KOHM) est une organisation apolitique et non religieuse, créée en 1993, dont la mission est de promouvoir le développement et la préservation de la littérature, de la culture, de la tradition et du patrimoine tripuri.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 19 janvier 2025

Avec un écriture…

…ou une autre.

 
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1535, Pérou, fondation de ville, 18 janvier Bruno Teissier 1535, Pérou, fondation de ville, 18 janvier Bruno Teissier

8 janvier : l’anniversaire de Lima

Chaque année la capitale du Pérou célèbre l’anniversaire de sa fondation par le conquistador espagnol Francisco Pizarro, le 18 janvier 1535. La fête dure trois jours.

 

Chaque année la capitale du Pérou fête l’anniversaire de sa fondation par le conquistador espagnol Francisco Pizarro, le 18 janvier 1535, dans la vallée du fleuve Rímac. Comme elle fut fondée peu de temps après l’Épiphanie, une fête importante pour les Espagnols, son blason comporte trois couronnes et Lima est surnommée la Cité des Rois. Elle sera la capitale de la vice-royauté du Pérou au nom de la Couronne d’Espagne, puis celle de la république du Pérou, formellement, le 28 juillet 1821. Actuellement, en 1824 seulement.

Le Jour de la fondation de Lima (Día de la Fundación de Lima) est le 18 janvier, mais la fête dure trois jours du 17 au 19.

Le 17 janvier à partir de 15 heures, un grand défilé part du parc La Muralla et emprunte rues emblématiques que sont Lampa, Junín, Carabaya, Huallaga, La Unión et Rosa Merino , en passant par l'historique Plazza de Armas (Place des Armes), le cœur de la ville. Des démonstrations de danse et un spectacle équestre. La soirée se déroule avec une succession de concerts, de tous styles. Il fait chaud, nous sommes au cœur de l’été. Peu après minuit, c’est le feu d’artifice.

Le 18 janvier, après des cérémonies religieuses en présence des autorités politiques, militaires et policières, dans la cathédrale de Lima (10 h.), un hommage sera rendu à Francisco Pizarro, fondateur de la ville , dans le passage de Santa Rosa (11 h.). Cet événement comprendra des offrandes florales et des discours à la mémoire du conquérant espagnol. Les célébrations culminent avec une réception à la mairie de Lima (12h15), avec la présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, comme invitée d’honneur. L’après-midi, le parc des légendes propose une série d'activités ouvertes à tous.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 18 janvier 2025

La garde présidentielle, place des Armes (photo : Diego Delsodelso.photo)

 
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1945, Canada, Shoah, 17 janvier Bruno Teissier 1945, Canada, Shoah, 17 janvier Bruno Teissier

17 janvier : il y a 80 ans Raoul Wallenberg disparaissait au Goulag

Cette Journée Raoul Wallenberg a été instituée par le gouvernement du Canada pour rendre hommage, chaque 17 janvier, au diplomate suédois qui a sauvé la vie de dizaines de milliers de Juifs hongrois. De son côté, le Conseil de l’Europe a créé un prix décerné autour du 17 janvier pour perpétuer sa mémoire.

 

Une Journée Raoul Wallenberg a été instituée par le gouvernement du Canada pour rendre hommage, chaque 17 janvier, au diplomate suédois qui a sauvé la vie de dizaines de milliers de Juifs hongrois. De son côté, le Conseil de l’Europe a créé un prix décerné autour du 17 janvier pour perpétuer sa mémoire.

Avant son arrivée à la légation suédoise de Budapest à la mi-juillet 1944, quelque 430 000 Hongrois juifs avaient été déjà déportés vers Auschwitz. Sans aucune aide de la communauté internationale, Raoul Wallenberg parviendra à en sauver environ 100 000 juifs en six mois par des astuces et des coups de bluff, profitant de son statut de diplomate d’un pays neutre. Il a fourni des « passeports de protection » (Schutzpasses) à plus de 4 000 personnes juives. Il a aménagé des hôpitaux et des garderies, il mettra en place des soupes populaires et plus de 30 maisons protégées par l’ambassade suédoise où les juifs hongrois pouvaient se cacher. Quand des milliers de personnes juives seront contraintes à entreprendre la marche de la mort en novembre 1944, R. Wallenberg interviendra personnellement et à plusieurs occasions afin de sauver autant de personnes qu’il le pourra. Alors que les nazis avançaient vers Budapest et menaçaient de faire exploser le ghetto de la ville et de liquider les Juifs restants, il avertit les généraux nazis qu'ils seraient tenus responsables et traduits en justice, voire exécutés, pour leurs crimes de guerre et leurs crimes contre l'humanité.

Quand les Soviétiques ont libéré Budapest, Raoul Wallemberg a été arrêté et envoyé au Goulag, on ignore la date de son décès. Mais on connaît la date de son arrestation par les Russes : le 17 janvier 1945, qui est aussi celle de la disparition du diplomate suédois. Ni l’URSS ni plus tard la Russie n’ont accepté de donner la moindre information sur le sort de ce héros de la Seconde Guerre mondiale.

En 1985, Raoul Wallenberg s'est vu accorder le titre de citoyen d'honneur du Canada. En 2000, une loi a été votée prévoyant que dans l'ensemble du Canada, le 17 janvier de chaque année est désigné comme la « Journée Raoul Wallenberg ». Chaque 17 janvier les autorités canadiennes invitent toute la population à réfléchir sur la bravoure, la bienveillance et la compassion dont a fait preuve Raoul Wallenberg ainsi qu’à réitérer l’engagement des Canadiens à bâtir un pays encore plus fort et plus inclusif. 

À l'initiative du Gouvernement suédois et du Parlement hongrois, le Conseil de l'Europe a créé le Prix Raoul Wallenberg, afin de perpétuer la mémoire des accomplissements hors du commun de ce diplomate suédois. Il est décerné depuis 2014, autour du 17 janvier, et récompense tous les deux ans les accomplissements humanitaires exceptionnels d'une personne, d'un groupe de personnes ou d'une organisation. En 2024, il a été décerné à Neva Tölle, une militante croate œuvrant pour la protection des femmes contre la violence domestique. Antérieurement, le prix Raoul Wallenberg avait récompensé les réalisations d’Elmas Arus (2014), une jeune réalisatrice rom de Turquie ; l’association grecque Agalià (2016), œuvrant sur l’île de Lesbos ; le Centre européen pour les droits des Roms basé à Budapest (2018) ; une pédiatre syrienne, Amani Ballour (2020) ; et Vincent Raj Arokiasamy (2022), un défenseur de la population défavorisée des « intouchables » en Inde.

Raoul Wallenberg a aussi été fait citoyen honoraire des États-Unis (qui lui dédie une journée, le 5 octobre), de l’Australie, de la Hongrie et bien sûr d’Israël. En revanche, la Suède qui n’a jamais été très à l’aise avec la Shoah, a longtemps été très discrète sur le sort subi par son diplomate. Elle a attendu 2001 pour reconnaître ses manquements, le gouvernement suédois avait alors présenté des excuses publiques à la famille de Wallenberg. En 2012, l’année où il aurait dû célébrer son 100e anniversaire, la Suède a organisé une année de commémoration en sa mémoire. Désormais, elle se souvient de son héros chaque 27 août, journée nationale de l'égalité des droits et du courage civique.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 16 janvier 2025

timbre poste canadien de 1,85 dollar émis en janvier 2013

 
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1945, Thaïlande, Enseignants Bruno Teissier 1945, Thaïlande, Enseignants Bruno Teissier

16 janvier : la Thaïlande fête ses enseignants

La Journée nationale des enseignants a été célébrée pour la première fois en Thaïlande, en 1957. Il ne faut pas la confondre avec le rituel du Wai Khru aux racines bien plus anciennes.

 

Instituée par une résolution du gouvernement royal thaïlandais en 1956, la Journée nationale des enseignants (วันครูแห่งชาติ) a été célébrée pour la première fois en 1957. Cette date a été choisie pour commémorer la promulgation de la loi sur les enseignants, publiée dans la Gazette du gouvernement royal thaïlandais le 16 janvier 1945. Elle n’est fériée que pour les enseignants et donc aussi pour leurs élèves. Le thème de l’année 2025 est le thème « Les enseignants thaïlandais s'unissent pour révolutionner l'éducation ».

Cela dit, en Thaïlande, il existe une autre fête, aux racines bien plus anciennes, mais dont la date varie d’un établissement à l’autre, qui tombe généralement un jeudi car ce jour est traditionnellement associé à la planète Jupiter (Phra Paruhasabodi) Phra Paruhat est l'aumônier des divinités et le professeur d'Indra. Ce rituel nommé Wai Khru (พิธีไหว้ครู) est en effet hérité de l’hindouisme. Le Wai ( ไหว้ ) est un geste traditionnel courant en Thaïlande, c’est à la fois un geste de salutation, de remerciement et d’excuse. Le terme Khru (ครู : professeur ) est un titre en Thaïlande qui exige le plus grand respect de la part des parents et des élèves. Lors de cette cérémonie, chaque élève demande la bénédiction des professeurs pour la bonne continuation de ses études. L’accent est mis sur le statut hiérarchique des enseignants par rapport aux élèves, ce qui n’était l’esprit d’origine de ce rituel, disent les historiens.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 15 janvier 2025

Le rituel du Wai Khru à l'école Wachirawit de Chiang Mai

 
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1915, Malawi, révolte populaire, 15 janvier, colonisation Bruno Teissier 1915, Malawi, révolte populaire, 15 janvier, colonisation Bruno Teissier

15 janvier : Chilembwe, le héros du Malawi

Chaque 15 janvier, le Malawi rend hommage à l'un des premiers Africains à s'être battu contre les injustices coloniales. En janvier 1915, alors que son pays s’appelait de Nyasaland, le pasteur baptiste John Chilembwe avait lancé une révolte contre la colonisation anglaise qui échouera mais marquera les esprits à l’époque.

 

Chaque 15 janvier, le Malawi rend hommage à l'un des premiers Africains à s'être battu contre les injustices coloniales. En janvier 1915, alors que son pays s’appelait de Nyasaland, le pasteur baptiste John Chilembwe avait lancé une révolte contre la colonisation anglaise, mais contrairement à ses attentes la population ne s’est pas levée en masse contre l’occupant, certains de ses lieutenants ont fait défection. La loi martiale est instaurée et la répression, féroce, menée notamment par une milice de colons, la Nyasaland Volunteer Reserve, contraint Chilembwe à fuir vers ce qui est aujourd’hui le Mozambique. La plupart des rebelles sont exécutés sans procès et Chilembwe est abattu le 3 février 1915.

Cette première révolte du futur Malawi a échoué car elle a été lancée à une époque où le discours anti-colonial était encore balbutiant, mais John Chilembwe n’a pas été sans héritier. Il a inspiré de nombreux militants de la cause des Noirs comme le jamaïcain Marcus Garvey, le penseur panafricain qui fera carrière aux États-Unis ou John Langalibalele Dube, lefondateur de ce qui est devenu l'African National Congress (ANC) en Afrique du Sud.

Lui-même, John Chilembwe que l’on honore aujourd’hui au Malawi, a été influencé par le missionnaire britannique Joseph Booth qui voulait rendre l’Afrique aux Africains. Chilembwe est devenu l'un des premiers protégés de Booth, et tous deux se sont rendus aux États-Unis, où Chliemwe a étudié la théologie en Virginie. Pendant son séjour aux États-Unis, il a été témoin des luttes des Afro-Américains dans les années qui ont suivi l'abolition de l'esclavage. De retour au Malawi, Chilembwe, devenu pasteur a travaillé à l'établissement d'une mission à Chiradzulu. Il a construit une église en briques, plusieurs écoles et planté des cultures de coton, de thé et de café, avec le soutien financier de la National Baptist Convention.

Mais, le pasteur Chilembwe s’est heurté à l’obscurantisme des grands propriétaires terrien anglais, en particulier, William Jervis Livingstone (un cousin de l’explorateur David Livingstone), qui détruisit les écoles construites par Chilembwe. Le Nyassaland était un protectorat britannique depuis 1907, les colons britanniques s’approprièrent massivement les terres communautaires, forçant les autochtones à travailler gratuitement pour eux. L’idée d’éduquer la population leur était insupportable. C’est dans ce contexte qu’est née la révolte de janvier 1915. Un soulèvement violent comme l’était le système mis en place par les Anglais. William Jervis Livingstone sera tué et décapité, plusieurs fermes de colons incendiées. Le 24 janvier, John Chilembwe dirige un service religieux dans l’église de sa mission, à l’extérieur de laquelle la tête de Livingstone est exhibée, empalée sur un poteau… mais la révolte échoua et le révérend sera tué par les autorités.

Le Malawi n’obtiendra son indépendance qu’un demi-siècle plus tard,  1964. Il a fait de John Chilembwe (1871-1915) un de ses héros et du 15 janvier un jour férié et chômé, le John Chilembwe Day. Au Malawi, des rues portent son nom, il figure sur des timbres et des billets de banque. Même les Britanniques ont fini par lui rendre hommage : sa statue, une œuvre de l’artiste malawien de Samson Kambalu, a été exposée de 2022 à 2024 sur le quatrième socle de Trafalgar Square, au cœur de Londres, qui accueille temporairement des œuvres d’art contemporaines depuis 1998. 

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 15 janvier 2025

le révérend Chilembwe sur un billet de 500 kwachas

 
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1992, Ouzbékistan, fête patriotique, 14 janvier Bruno Teissier 1992, Ouzbékistan, fête patriotique, 14 janvier Bruno Teissier

14 janvier : la Journée des défenseurs de la patrie ouzbèke

Le 14 janvier est l’anniversaire de l’armée de l’Ouzbékistan. La date sert à une manifestation patriotique distincte de la célébration soviétique du 23 février, reprise à son compte par la Russie.

 

En 1992, le 14 janvier précisément, l’Ouzbékistan se dotait d’une force armée en remplacement de l’Armée rouge disparue quelques jours plus tôt en même temps que l’URSS. Afin de se démarquer de la célébration soviétique du 23 février, reprise à son compte par la Russie, le Parlement ouzbek a institué fin 1993, une Journée des défenseurs de la patrie (Vatan himoyachilari kuni) propre à l’Ouzbékistan : le 14 janvier.

La date désormais diffère, mais l’esprit est le même à Tachkent qu’à Moscou. Il s’agit de mettre en avant l’homme viril, le combattant, le soldat. Ce jour-là, des unités militaires en grande tenue défilent au son des orchestres dans les rue de la capitale et des principales villes. Chaque 14 janvier, des concerts festifs sont donnés, l'hymne national est joué sur les places et des spectacles sont organisés en l'honneur des militaires. Cette journée patriotique est aussi l'occasion de se souvenir de tous les grands hommes qui apportèrent une contribution significative à l'histoire et à la défense du pays. Ainsi les festivités comprennent également des discours et des cérémonies de dépôt de gerbes sur le monuments aux morts.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 13 janvier 2025

 
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Bruno Teissier Bruno Teissier

13 janvier : le Maha Kumbh Mela, le plus grand pèlerinage du monde

Organisé tous les douze ans, le Maha Kumbh Mela, a débuté ce lundi 13 janvier à Prayagraj (Prayag) en Inde. Annoncé comme le plus grand rassemblement humain jamais organisé dans le monde, il devrait attirer pendant plus d'un mois, quelque 400 millions de pèlerins hindous sur les rives du Gange, leur fleuve sacré.

 

Organisé tous les douze ans, le Maha Kumbh Mela (प्रयाग कुंभ मेला), débute ce lundi 13 janvier à Prayagraj (anciennement Allahabad) en Uttar Pradesh. Annoncé comme le plus grand rassemblement humain jamais organisé dans le monde, il devrait attirer pendant 45 jours, quelque 400 millions de pèlerins hindous sur les rives du Gange, leur fleuve sacré. La dernière édition, en 2013, avait rassemblé plus de 100 millions de personnes venues de toute l’Inde.

Cette cérémonie qui a lieu pendant l’hiver est liée à des rites de fertilité et à un culte à la déesse-mère, associée à l’eau qui joue un rôle majeur dans la culture indienne. L’action la plus importante lors de ce pèlerinage est de s’immerger dans le fleuve, pour se purifier, laver son âme, de préférence le jour de la nouvelle lune, ce qui est le cas de ce 13 janvier 2025.

Selon la légende, les dieux qui avait perdu leur immortalité, suite à une malédiction, se sont battus contre les démons pour une cruche (kumbh) contenant le nectar de l’immortalité (amrit). Une fois celui-ci trouvé et bu, il leur permit de regagner leur immortalité et de défaire les démons, notamment grâce Vishnou qui les avait éloignés pour qu'ils ne puissent pas eux aussi en consommer.Pendant la bataille, des gouttes seraient tombées à Haridwar, à Allahabad (rebaptisée Prayagraj), à Nashik, et à Ujjain. Ces quatre villes accueillent tous les quatre ans en alternance la Kumbh Mela, une version plus modeste de la Maha Kumbh Mela. Les dates de ces pèlerinages successifs sont fixées selon les astres.

La Kumbh Mela est une période particulièrement propice pour des cérémonies religieuses, l'une d'entre elles étant l'initiation de milliers de sadhou (saints hommes) novices qui entament ainsi leur vie d'ascètes. De même, c'est l'occasion pour des sadhou confirmés de recevoir une promotion dans leur ordre ou de faire le vœu de suivre une nouvelle ascèse.

Le site officiel du gouvernement

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 13 janvier 2025

Sur les rives du Gange à Prayagraj (photo Manashbbd)

 
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Maroc, Fête agraire, fête traditionnelle, Nouvel an Bruno Teissier Maroc, Fête agraire, fête traditionnelle, Nouvel an Bruno Teissier

13 janvier : le nouvel an berbère des Marocains

Les Berbères (Amazigh) entrent aujourd’hui dans l’an 2975 de leur calendrier. C’est Yennayer, le nouvel an berbère, désormais officiellement férié au Maroc.

 

Au Maroc, les Berbères (Imazighen) entrent aujourd’hui dans l’an 2975 de leur calendrier. C’est Yennayer (ⵢⴻⵏⴰⵢⴻⵔ), le nouvel an berbère.

Quelques années après l’Algérie, Yennayer est désormais férié (chômé et payé) au Maroc, sous le nom d’Id-Yennayer, officiellement depuis 2024. Mais, les deux pays ne le fêtent pas le même jour, ni les uns ni les autres n’y voient un problème, au contraire. L’Algérie l’a fêté hier, 12 janvier, au jourd’hui c’est au tour du Maroc où on a tenu compte du décalage de 13 jours entre le calendrier berbère et le calendrier grégorien (celui qui a cours aujourd’hui à l’international). D’ailleurs, il existe au Maroc dans certaines régions des célébrations qui en sont héritières, comme Hagouza, ou Hwadez, fêtées le 13 janvier. Ce sont des traditions agricoles communes aux Arabes et aux Imazighen (pluriel d’amazigh en langue tamazight), dont l’origine pourrait remonter à l’époque de l’Empire romain qui avait étendu son influence au Maghreb. Le calendrier berbère (amazigh) est d’ailleurs calqué sur le calendrier julien, celui des Romains de l’Antiquité.

« C’est une fête liée à la terre issue d’une tradition ancestrale et porteuse d’une forte charge identitaire pour le peuple marocain et pour tous les peuples du nord d’Afrique », explique l’anthropologue Houcine Bouyaâkoubi. Ce qui n’a pas empêché quelques prédicateurs islamistes, comme Abdelatif Al Maghrebi ou Cheikh Hassan Kettani de décréter cette fête haram car d’origine païenne. Yennayer est avant tout lié à un moment de répit des agriculteurs après le dur labour et avant l’éclosion des premières semences. Cette fête antérieure à l’arabisation et à l’islamisation du pays connaît aujourd’hui un net regain d’intérêt dans tout le Maghreb berbère comme dans la diaspora européenne.

« Assougass mbarki », « Bonne année », « sana amazighia saïda » ! Yennayer se fête en famille autour d’un grand repas comprenant couscous aux sept légumes, poulets rôtis et dinde, blé concassé au lait et au miel, tchicha, œufs et fruits secs... À Tafraout, dans l’Anti-Atlas, on prépare l’ourkimen, un plat à base de pieds de veau. On y cache un noyau de datte, appelé aghermi, celui qui le trouve aura la chance avec lui toute l’année qui vient. Dans le Souss, c’est le tagoulla (tarwayt), composé d’une purée de semoule d’orge ou de maïs, de dattes, d’amandes ou de cacahuètes torréfiées et mélangées avec de l’huile d’Argan et du miel.

Il s’agit de commencer l’année dans la bonne humeur !

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 13 janvier 2025

De jeunes amazighs militant pour l’officialisation du calendrier berbère.

Calendrier berbère

 
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1881, Turkménistan, Bataille célèbre, 12 janvier Bruno Teissier 1881, Turkménistan, Bataille célèbre, 12 janvier Bruno Teissier

12 janvier : le deuil interdit des Turkmènes, la mémoire effacée de la colonisation russe

C’est la mémoire d’une bataille perdue face aux Russes, un véritable désastre et car elle permit la colonisation du pays par la Russie, qu’il est aujourd’hui interdit de commémorer.

 

Au Tukménistan, on se remémore une bataille perdue face aux Russes qui fut un véritable désastre et permit la colonisation du pays par la Russie. Il s’agit de la chute de la ville fortifiée de Geok-Tépé le 12 janvier 1881 après 23 jours de siège. Mais sa commémoration est aujourd’hui interdite.

Les Russes avaient tenté une première fois, en 1879, de prendre la ville de Geok-Tépé (Gökdepe). Laquelle avait résisté face aux 4000 soldats du Tsar. La seconde tentative, avec 7000 hommes mieux préparés, sera la bonne mais après un long siège. L’événement décisif a eu lieu le 12 janvier 1881 lorsque les Russes ont creusé un tunnel sous le mur de la forteresse pour y placer des explosifs qui ont fait exploser une énorme partie de la structure défensive. Les troupes russes se sont précipitées à traverser la brèche, tuant quelque 6 500 personnes dans la ville, puis pourchassant et tuant environ 8 000 autres pendant leur fuite. Ce qui représente au total 14 500 victimes sur 40 000 habitants.

Hormis l’horreur du massacre, la perte de cette ville-forteresse turkmène fut une véritable catastrophe pour les Turkmènes car elle a ouvert la route aux Russes, leur permettant la prise de la ville d’Achgabat quelques jours plus tard. La Russie achevait ainsi la conquête coloniale de l’Asie centrale. Leur présence durera plus d’un siècle : jusqu’à la disparition de l’URSS en décembre 1991.

La première commémoration a eu lieu manière spontanée en janvier 1990. Selon un rapport secret du KGB, quelque 10 000 personnes avaient répondu à l’appel des organisateurs. L'imam Ishan, petit-fils de Gurbanmyrat Ishan, l'un des dirigeants turkmènes de la guerre de Geokdepe était présent. Sous la pression populaire, les autorités turkmènes ont ensuite fait du 12 janvier un Jour de mémoire officiel (ýatlama güni), célébré par un jour férié au titre du deuil national permettant de dénoncer un siècle d’occupation russe. La dernière commémoration a eu lieu le 12 janvier 2014.

Cette mise en cause du colonialisme russe était intolérable pour Poutine lequel a fait pression sur le Turkménistan pour que la date ne soit plus commémorée. En effet, en 2014, la Journée de deuil national a été déplacée au 6 octobre, une date qui fait référence à une catastrophe naturelle. Ainsi, en mêlant victimes de séisme, de guerre et de massacres, on efface la mémoire. Pour ne pas déplaire à Moscou, le 12 janvier n’est plus un jour férié au Turkménistan depuis 8 ans. Les Turkmènes sont privés de leur mémoire, comme le sont aujourd’hui les Russes sous le régime autoritaire de Poutine. Réécrire l’histoire dans un sens plus avantageux pour la Russie éternelle est le chantier actuel du Kremlin qui vient justement de dissoudre l’association Mémorial. La Russie est, par ailleurs, en pleine reconquête de son ex-empire colonial, en témoigne son intervention au Kazakhstan, ces derniers jours, dans la droite ligne de sa politique à l’égard de la Crimée, de l’Ukraine orientale ou du Caucase…

La prise de la ville est datée du 24 janvier 1881 selon le calendrier julien en vigueur à l’époque en Russie, soit le 12 janvier dans le calendrier grégorien. C’est la date qui avait été retenue entre 1990 et 2014 pour commémorer cette bataille. Aujourd’hui, il n’y a plus de cérémonie officielle mais une prière est dite dans la mosquée construite sur le lieu même de la bataille.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 10 janvier 2025

 

Une partie de la forteresse de Geok-Tépé, restaurée après 1991

La toute première commémoration, en janvier 1990, sur la colline de Geok-Tépé

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