L’Almanach international
Parce que chaque jour est important quelque part dans le monde
5 février : Saraswati, la déesse hindoue des écoliers
Pour les hindous, c’est la fête du printemps (Vasant Panchami) mais ce même jour, on célèbre aussi Saraswati, la déesse de la connaissance.
Pour les hindous, c’est la fête du printemps (Vasant Panchami). Ce même jour, on célèbre aussi Saraswati, la déesse de la connaissance.
Dans les écoles indiennes, les élèves se cotisent pour acheter une statue de la déesse en argile et en paille, le visage et les mains peintes, parée de tissus brillants, de perles, de bijoux et de colliers de fleurs. Durant plusieurs jours, les statues sont exposées dans la rue et font l’objet d’offrandes sous forme de livres, de stylos, de petits instruments de musique. Ces effigies ne durent que le temps de la fête et seront ensuite immergées dans la rivière ou le fleuve le plus proche. La croyance populaire veut que les enfants qui commencent à étudier durant cette période reçoivent de la déesse des dons spéciaux. Saraswati (épouse de Brahma et sœur de Ganesh) est la déesse de la sagesse, de la connaissance, de la musique et des arts.
Saraswati serait née en ce jour de Vasant Panchami (la fête du printemps) que l’on célèbre aussi par la même occasion. Pour Sarasvati Puja, la tradition veut que l’on s’habille en jaune et que tout ce que l’on va consommer soit également de cette couleur.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 4 février 2022
La déesse Saraswati est toujours représentée avec un vînâ (instrument de musique) et accompagnée de livres de classe
31 janvier : le peuple Assamais honore ses ancêtres et célèbre ses traditions
L’Assam est un petit État du nord-est de l’Inde a conservé un ancien culte des ancêtres issu de leurs cultes animistes ancestraux : Me-Dam-Me-Phi
L’Assam est un petit État du nord-est de l’Inde de quelque 35 millions d’habitants, hindouistes pour la plupart, mais qui ont conservé un ancien culte des ancêtres issu de leurs cultes animistes ancestraux. Me-Dam-Me-Phi (মে ডাম মে ফি) était une grande fête religieuse du royaume Ahom qui exista du XIIIe au XIXe siècle, avant de tomber sous la coupe des Birmans puis des Anglais. Les Ahoms se sont convertis à l’hindouisme au début du XIXe siècle mais à partir des années 1960, un mouvement de résurgence des cultes anciens a fait resurgir cette fête des ancêtres. Le gouvernement de l’Assam a fini , à la fin du XXe sicle, par fixer une date officielle pour Me-Dam-Me-Phi : le 31 janvier et faire de cette date un jour férié.
Le culte des ancêtres occupe une place importante dans la culture et la religion des Ahoms. Ils croient qu'après la mort d'une personne, son âme devient un dam (esprit ancêtre) vénéré par sa famille. Après la quatorzième génération, un dam devient un phi (dieu) vénéré par toute la communauté. Me signifie offrandes, donc Me-Dam-Me-Phi est une fête basée sur des offrandes faites aux esprits et aux dieux des ancêtres.
Aujourd'hui, la plupart des familles Ahom ont un endroit spécial appelé damkhuta dans leur cuisine. Ils l'utilisent pour adorer les esprits de leurs ancêtres décédés en leur offrant du vin fait maison et divers aliments, par exemple, des haricots et des pois chiches ou du riz avec de la viande ou du poisson. Pendant la fête de Me-Dam-Me-Phi, des rituels de vénération des ancêtres sont exécutés par Ahoms dans tout l'Assam et l'Arunachal Pradesh.
Cette fête concerne aujourd’hui l’ensemble des Assamais, pas seulement les descendants des Ahoms (peuple d’origine thaï). Dam-Me-Phi est même en passe de devenir une véritable fête nationale, ce que les hindouistes radicaux ne voient pas d’un bon œil.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 30 janvier 2022
24 janvier : l'Uttar Pradesh Day, célébration du plus peuplé des États de l'Inde
La célébration d’un État de l’Inde, en pleine dérive ultra hindouiste marquée par l’intolérance religieuse et l’incitation à la violence.
L' État indien de l’Uttar Pradesh se souvient de sa création le 24 janvier 1950, par le regroupement des provinces d’Agra et d’Oudh. L’Uttar Pradesh Day (उत्तर प्रदेश दिवस) est une célébration récente, c’est une initiative du gouverneur de l’État, Ram Naik, en 2017.
L’Uttar Pradesh, souvent appelé simplement UP, fort de 200 millions d’habitants, est l’État le plus peuplé de l’Inde. En 1836, la majeure partie de ce qui est aujourd'hui l'UP a été regroupée en Provinces du nord-ouest de l'Inde britannique. La région comprenait également les royaumes d'Ajmer et de Jaipur (maintenant au Rajasthan). Suite à l'échec de la rébellion indienne de 1857, les autorités britanniques réorganisent les frontières administratives des régions les plus rebelles, séparant Delhi et Ajmer des provinces du nord-ouest. Le royaume d'Oudh nouvellement annexé, d'autre part, a été incorporé à l'État. En 1902, la région est rebaptisée Provinces-Unies d'Agra et d'Oudh. En 1920, la capitale de la province a été déplacée d'Allahabad à Lucknow, l'actuelle capitale de l'Uttar Pradesh. Ensuite, au cours de la première moitié du XXe siècle, la région a été au cœur du mouvement indépendantiste indien.
Peu de temps après la proclamation de l'indépendance de l'Inde, les Provinces-Unies d'Agra et d'Oudh ont été rebaptisées Uttar Pradesh, qui se traduit par « province du nord ». Le changement de nom est entré en vigueur le 24 janvier 1950, on fête aujourd’hui cet anniversaire. Le dernier changement majeur dans l'Uttar Pradesh s'est produit en 2000, lorsque des districts du nord se sont séparés pour former l'État d’Uttarakhand, jusqu’alors connu sous le nom d'Uttaranchal.
Le Jour de l'Uttar Pradesh (Uttar Pradesh Diwas, ou UP Diwas) est particulier en 2022 car les divers partis politiques se préparent à participer aux élections UP 2022. Le ministre en chef de l'Uttar Pradesh, le très controversé Yogi Adityanath (BJP), un nationaliste et un hindouiste forcené, en profite pour imposer sa vision, affirmant que l'Uttar Pradesh, l’État du lieu de naissance de Maryada Purushottam Prabhu Shri Ram et de Leeladhar Shri Krishna, n’est autre que le cœur de l'Inde, le berceau de la culture indienne. Le gouvernement de l’UP pratique l’intolérance religieuse et l’incitation à la violence. Une journée comme le 24 janvier ne peut qu’exacerber cette dangereuse tendance.
Les élections dans les 403 circonscriptions de l'Assemblée de l'Uttar Pradesh se dérouleront en sept phases à partir du 10 février. Le scrutin dans l'Uttar Pradesh se tiendra les 10, 14, 20, 23, 27 février et les 3 et 7 mars en sept phases. Le dépouillement des votes aura lieu le 10 mars 2022. En 2017, le BJP (l’extrême droite nationaliste) avait remporté 312 sièges, soit une écrasante majorité. Dans le camp adverse, Priyanka Gandhi Vadra et son frère, Rahul Gandhi, espère un sursaut du Parti du Congrès. À la même période, des élections se dérouleront aussi au Pendjab, dans l'Uttarakhand, au Manipur et à Goa.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 24 janvier 2022
L’homme fort de l'Uttar Pradesh, le très controversé Yogi Adityanath, un nationaliste et un hindouiste extrémiste
30 décembre : la mémoire d'un résistant indien contre les Anglais
Au Meghalaya, dans le nord-est de l’Inde, on commémore l’exécution par les Anglais de U Kiang Nangbah, pendu le 30 décembre 1862.
L’État indien du Meghalaya, situé au nord du Bangladesh, célèbre son héros national : U Kiang Nangbah, pendu par les Anglais le 30 décembre 1862. En hommage à ce grand résistant, U Kiang Nangbah Day est férié dans ce petit État du nord de l’Inde.
En 1835, les Britanniques qui occupaient le Bengale ont annexé le royaume de Jaintia situé à ses marges. À la fin des années 1850, Anglais ont commencé à taxer les Jaïntiens et ont tenté d'interdire certaines de leurs traditions et rituels religieux séculaires. En 1860, ils ont introduit une taxe d'habitation et un impôt sur le revenu. Ceux qui n'avaient pas les moyens de payer la taxe d'habitation ou refusaient de la payer par principe ont été expulsés de force de leurs maisons. Bien sûr, les nouvelles taxes et l'ingérence dans leur vie quotidienne et leurs rituels religieux ont provoqué la colère des habitants, et les jaïntiens se sont rebellés contre les Britanniques .
U Kiang Nangbah, un jeune paysan de Jowai, devient le chef des rebelles. La date exacte de sa naissance est inconnue, mais on pense qu'il était encore un enfant lorsque le royaume de Jaintia a été annexé par les Britanniques, ce qui fait de lui un jeune homme au moment du soulèvement.
U Kiang Nangbah a organisé plusieurs raids réussis contre les Britanniques, les obligeant à appeler des renforts afin de réprimer la révolte. La rébellion doit une grande partie de son succès initial à l'habileté d'U Kiang Nangbah à cacher son identité aux Britanniques. Comme ils ne savaient pas qui dirigeait les rebelles, ils ne pouvaient pas prédire son prochain mouvement.
Malheureusement, l'un des hommes d'U Kiang Nangbah s'est avéré être un traître et a révélé son identité aux Britanniques contre une récompense de 1 000 roupies. En conséquence, les Britanniques ont capturé U Kiang Nangbah le 27 décembre 1862 et lui ont offert le choix entre la reddition publique et la mort. Il a choisi de mourir et a été pendu à Jowai le 30 décembre.
Moins d'un siècle après son exécution, l'Inde est devenue indépendante. Depuis, les habitants de Khasi et de Jaintia Hills ont perdu une grande partie de leur culture traditionnelle. En fait, peu de personnes parmi la jeune génération se souviennent même de U Kiang Nanbah.
En 2019, une statue commémorative d'U Kiang Nangbah a été dévoilée à l'occasion du 157e anniversaire de la mort. Elle a été conçue par l'Union des étudiants de Khasi à la jonction de l'hôpital civil de Shillong.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 29 décembre 2021
3 décembre : François-Xavier, le basque voyageur
C’est jour de fête et de célébration aujourd’hui à Goa (Inde) où la population, toutes religions confondues, vient honorer les reliques de son saint-patron, François Xavier, à la fois le saint patron des missionnaires, du tourisme, de la langue langue et également de la Mongolie…
C’est jour de fête et de célébration aujourd’hui à Goa (Inde) où la population, toutes religions confondues, vient honorer les reliques de son saint-patron, conservées dans l’église du Bon-Jésus. Mais l’exposition des reliques de saint François Xavier n'a lieu que tous les dix ans et attire pendant un mois et demi des millions de pèlerins (la prochaine est prévue en 2024). Rarement homme, à son époque, aura voyagé autant que François Xavier, ce qui lui vaut d’être à la fois le saint patron des missionnaires, du tourisme et également de... la Mongolie.
Né en 1506, en Navarre dans une famille noble, c’est au cours de ses études de théologie à la Sorbonne qu’il rencontre Ignace de Loyola. Ensemble ils fondent la Compagnie de Jésus (les Jésuites) en 1534. Puis François Xavier est ordonné prêtre en 1537. Trois ans plus tard, il embarque pour Goa d’où il parcourra, dix ans durant, une partie du sous-continent indien et de l’Asie du sud-est, jusqu’à Taïwan et au Japon. Partout, il établit des communautés chrétiennes. Il meurt en 1552 et l’on dit qu’il aurait prononcé ses dernières paroles dans sa langue maternelle, le basque. C’est pour cette raison que le 3 décembre est aussi la fête de l’euskara, la langue basque.
La Journée internationale de la langue basque (Euskararen Nazioarteko Eguna) a été institutionnalisée en 1995 par le gouvernement basque espagnol et l’Académie basque.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 3 décembre 2021
30 octobre : l'anniversaire d'un chef charismatique dans le sud de l'Inde
Dans le sud du Tamil Nadu, en Inde, on célèbre Thevar Jayanthi : l'anniversaire de Pasumpon Muthuramalinga Thevar, le chef charismatique des Thevar
Dans le sud du Tamil Nadu, en Inde, on célèbre Thevar Jayanthi (ou Guru Pooja), chaque 30 octobre : l'anniversaire de Pasumpon Muthuramalinga Thevar, le chef charismatique des Thevar, une communauté de l’Inde du sud, appelée aussi Mukkulathor. Beaucoup sont de petits agriculteurs ou des ouvriers agricoles. Les Thevar ont reçu le statut de Backward Class (BC), basse caste. Cette fête leur permet de retrouver leur fierté.
Muthuramalingam Thevar, dit Pasumpon a été syndicaliste et député, il a milité au sein du parti du Congrès, soutenant Bose plutôt que Gandhi, en 1939. On lui doit toutefois, la même année, l’abrogation d’une loi qui interdisait aux dalits (hors caste) de pénétrer dans les temples hindous.
Pasumpon Muthuramalingam Thevar était une figure importante de la politique du Tamil Nadu au XXe siècle. Il est né le 30 octobre 1908 à Pasumpon, au Tamil Nadu, dans le district de Ramnad. Il était socialiste et collègue de Subhash Chandra Bose. Il a été vice-président national du All India Forward Bloc (AIFB) à partir de 1952. Il a été élu trois fois à la circonscription parlementaire nationale. Il est décédé à Thirunagar, Madurai, le 30 octobre 1963. Le fait que la date de naissance et la date de mort de Thevar soient les mêmes a été interprété comme un signe de pouvoirs surnaturels.
Thevar repose dans son village natal de Pasumpon. Les principales célébrations de Thevar Jayanthi ont lieu dans son samadhi, situé à environ 80 km de Madurai.
Cette année, à nouveau, comme en 2020, en raison du coronavirus, seuls les représentants des partis politiques et les dirigeants communautaires ont été autorisés à visiter le mémorial. D’ordinaire, c’est une foule considérable qui se presse dans son mausolée, pendant trois jours, dès le 28 octobre, nécessitant la présence de quelque 20 000 policiers.
Bien que basse caste, les Mukkulathors revendiquent toujours une descendance des familles royales Chera, Chola et Pandyars et mettent les dalits à l’écart, car hors caste. Cette caste de petits propriétaires terriens Mukkulathor ou Thevar comprend les sous-castes des communautés Kallar, Agamudayar et Maravar. Beaucoup de dalits travaillent comme ouvriers agricoles sur les terres appartenant aux Mukkulathor qui les tiennent toujours à l’écart. Ce qui provoque encore des violences comme dans les années 1980-90 où elles ont fait de nombreux morts, notamment pendant les trois journées du Thevar Jayanthi.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 29 octobre 2021
Le ministre en chef Edappadi Palanisamye et le député Staline au mausolée de Thevar
2 octobre : l'anniversaire de Gandhi et la journée de la non-violence
Le jour demeure férié, même dans l’Inde de Modi
C’est le 152e anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi. En Inde, Gandhi Jayanti est une fête nationale et un jour férié. Les Nations Unies célèbrent également Gandhi Jayanti comme la Journée internationale de la non-violence.
L'anniversaire du Mahatma Gandhi est marqué par des cérémonies commémoratives et des services solennels organisés dans tout le pays. La cérémonie principale a lieu à Raj Gad, un mémorial de Gandhi situé à Delhi. Au cours de la cérémonie, les gens prient et chantent la chanson de dévotion préférée de Gandhi, Raghupati Raghava Raja Ram. La jour est toujours férié, bien que l’Inde de Modi se soit largement détournée du symbole que représentait Gandhi. Aujourd’hui, certains vouent même un culte à son assassin !
À l'occasion de ce jour de congé, écoles et collectivités organisent des concours de rédaction et de peinture. Toutes les œuvres soumises sont dédiées à la paix et à la non-violence comme les principales valeurs promues par Gandhi.
Lors du Forum social mondial de 2004, la lauréate iranienne du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi avait proposé que l'anniversaire de la mort de Gandhi soit célébré comme Journée internationale de la non-violence. Trois ans plus tard, la femme politique indienne Sonia Gandhi et le militant sud-africain Desmond Tutu ont commencé à promouvoir la suggestion d'Ebadi. Cependant, ils ont préféré proposer l'anniversaire de Gandhi à la place plutôt que la date de sa mort. C’est en 2007 que la date du 2 octobre a été choisie.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 1er octobre 2021
17 juillet : le peuple Khasi commémore la disparition de son héros national mort dans une geôle britannique
Le peuple Khasi qui vit au nord-est de l’Inde dans l’État du Meghalaya célèbre aujourd’hui l’anniversaire de la mort de son héros national : Tirot Sing.
Le peuple Khasi qui vit au nord-est de l’Inde dans l’État du Meghalaya célèbre aujourd’hui l’anniversaire de la mort de son héros national : Tirot Sing.
U Tirot Sing Syiem, de son nom complet était un roi local qui régnait sur la région de Nongkhlaw dans le Meghalaya. Cet État de l’Union indienne est aujourd’hui situé juste au nord du Bangladesh. Ces pays n’existaient pas, la région était composée de petits royaumes. Le peuple Khasi n’avait pas eu de contact avec les Anglais avant 1823. Ceux-ci se sont peu à peu introduits dans la région afin d’y construire une route pour relier plusieurs de leurs colonies.
David Scott, l'agent du gouverneur général britannique, a entamé des négociations avec Tirot Sing, le chef Khasi de Nongkhlaw. Il a promis à Sing de l'aider à reprendre possession des Dooars (plaines alluviales inondables situées au nord du bassin du Brahmapoutre) en échange de l'autorisation de construire une route à travers les collines de Khasi. Après une discussion de deux jours avec d'autres chefs Khasi, Tirot Sing a donné la permission et les Britanniques ont commencé le projet de route.
Malheureusement, les relations entre les Khasis et les Britanniques ont rapidement tourné au vinaigre. Lorsque Tirot Sing apprit que les Britanniques étendaient leur présence militaire en Assam, il consulta à nouveau les chefs des autres clans Khasi et demanda aux Britanniques d'arrêter la construction de la route et de retirer leurs troupes de Nongkhlaw. Les Britanniques refusèrent et les Khasis dirigés par Tirot Sing attaquèrent la garnison britannique à Nongkhlaw et tuèrent deux officiers le 4 avril 1829.
Ainsi débuta la guerre anglo-khasi qui dura quatre ans. Même si les Khasi bénéficiaient d’une parfaite connaissance d’un territoire très accidenté, le conflit demeurait très inégal. Les autochtones ne possédaient aucune arme à feu et attaquaient les Anglais simplement équipés d’arcs et de flèches ou d’une épée et d’un bouclier. Le roi Tirot Sing a été blessé au combat et a dû se cacher dans une grotte, attendant que sa blessure guérisse. Cette grotte existe toujours et les Khasi la font visiter, ainsi que d’autres cachette de l’époque, avec beaucoup de fierté. Tirot Singh a finalement été trahi par un autre chef local soudoyé par les Anglais. Capturé par les Anglais, il a été emmené à Dhaka où il est mort le 17 juillet 1835. C’est cette date que commémore le U Tirot Sing Day qui est un jour férié dans l’État indien du Meghalaya. Les universités et écoles locales lui vouent un culte particulier. Le gouvernement local décerne ce jour le Prix Tirot Sing qui récompense des artistes ou des écrivains.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 16 juillet 2021
enfants khasis au début du XXe siècle
9 mai : le Bengale célèbre son poète Tagore, le premier Nobel de littérature non européen
Rabindranath Thakur dit Tagore aurait eu 160 ans il y a deux jours, l'État indien du Bengale occidental et des Bengalis du monde entier le célèbre aujourd’hui. Cette fête locale est connue sous le nom de Poncheeshe Boishakh.
L'État indien du Bengale occidental, le Bangladesh et des Bengalis du monde entier célèbrent le 160e anniversaire de Rabindranath Tagore, selon le calendrier bengali, c’est-à-dire le 25e jour du moi de Boishakh, qui cette année tombe le 9 mai du calendrier grégorien. Cette fête locale est connue sous le nom de Poncheeshe Boishakh ou de Rabindra Jayanti (রবীন্দ্র জয়ন্তী). Elle donne lieu à des manifestations culturelles, en particulier dans les écoles et universités.
Rabindranath Thakur dit Tagore (রবীন্দ্রনাথ ঠাকুর) est né à Calcutta le 7 mai 1861, il aurait eu 160 ans il y a deux jours. Fils d’un philosophe, appartenant à une famille de notable bengali, le jeune Rabindranath (dit Rabi) a écrit ses premiers poèmes à l’âge de huit ans. C’est un recueil de poèmes, qu’il traduira plus tard en anglais (il a étudié à Londres), qui lui vaudra le prix Nobel de littérature en 1913, le premier décerné à un non Européen. Mais Tagore s’est aussi illustré dans l’art du roman dont il a créé le genre en langue bengali et qui font connaître l’écrivain dans le monde entier. Artiste complet, il est aussi peintre et musicien.
Personnalité de dimension mondiale, Tagore a voyagé dans de très nombreux pays en Asie, Amérique du Sud, Europe… fustigeant les nationalismes et promouvant le Bengale, pays dont il déplorait le déclin. Il est la personnalité bengali la plus connue dans de monde. L’anniversaire de sa mort, le 7 août 1941, il y a 80 ans cette année, est chaque année un jour de deuil au Bengale Occidental et au Bangladesh. Les administrations sont fermées ce jour-là.
Le grand poète est aussi célébré dans toute l’Union indienne. En 2011, le gouvernement indien avait émis une pièce de 5 roupies pour marquer le 150 anniversaire de sa naissance.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 8 mai 2021
« Celui qui plante des arbres, sachant qu'il ne s'assiéra jamais à leur ombre, a au moins commencé à comprendre le sens de la vie. » -Rabindranath Tagore
« Si vous pleurez parce que le soleil est sorti de votre vie, vos larmes vous empêcheront de voir les étoiles. » -Rabindranath Tagore
২৫শে বৈশাখ
5 février : le Pakistan se mobilise pour le Cachemire
Le jour est férié aujourd’hui au Pakistan, c’est la Journée de solidarité avec le Cachemire, un point chaud de la région, partagé par le Pakistan, l’Inde et même la Chine.
Le jour est férié aujourd’hui au Pakistan, le 5 février est la Journée de solidarité avec le Cachemire ( یوم یکجہتی کشمیر ). À cette occasion, le Premier ministre Imran Khan s’adresse à l’Assemblée législative de Muzaffarabad pour exprimer son soutien au peuple opprimé du Cachemire. Des chaînes humaines seront formées aux points de Kohala, Mangla, Holar et Azad Pattan reliant le Pakistan et l’Azad Kashmir. À Lahore, les citoyens forment une chaîne humaine à D-Chowk pour exprimer leur solidarité avec leurs frères cachemiris opprimés. Une minute de silence est observée à 10h00 dans tout le pays.
Le problème remonte à l’indépendance des deux pays donc, à la partition des Indes anglaises, en août 1947. Le maharadjah de l’époque, un hindou, régnait sur une population à 75% musulmane. Son idée était de ne rejoindre ni l’Inde ni le Pakistan mais de proclamer l’indépendance du Cachemire, ce qu’il fit. Il rêvait de faire de ce petit pays de 10 millions d’habitants, au milieu des montagnes, avec un potentiel touristique évident, la « Suisse du sous-continent ». On ne l’a pas laissé faire, le Cachemire a été attaqué à la fois par des commandos pakistanais et des bataillons indiens. En octobre, le souverain se voit contraint de demander assistance à l’Inde. Le Pakistan ne renonce pas pour autant. La guerre dure jusqu’au cessez-le-feu du 1er janvier 1949. La ligne de front n’a pas bougé depuis.
Le Pakistan occupe une partie du Cachemire qu’il désigne comme l’Azad Kashmir (« Cachemire libre ») et que les Indiens appellent POK (Pakistan Occupied Kashmir). Quant au reste du Cachemire, il a été intégré à l’Union indienne, sous le nom de Jammu-et-Cachemire (on lui a adjoint des régions non musulmanes afin de réduire la proportion des musulmans qui n’est plus que des deux tiers aujourd’hui) mais avec un statut spécial d’autonomie. Ce statut lui a été brutalement retiré en le 5 août 2019 par le gouvernement ultranationaliste de l’Inde. Le pays vit des deux côtés de la ligne de 1949, sous régime militaire. Ce qui n’empêche pas le terrorisme de se développer. Le Cachemire est un point chaud de la région. Une petite partie de l’ancien État princier du Cachemire est même occupée aujourd’hui par l’armée chinoise. Ce petit pays qui rêvait d’être un petit État neutre et touristique est aujourd’hui l’épicentre de toutes les tensions dans la région.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 4 février 2021
23 janvier : Gandhi oublié, le nouveau héros de l’Inde porte l’uniforme
Chaque 23 janvier, on célèbre en Inde l’anniversaire de Netaji Subhas Chandra Bose. Ces dernières années, le culte a pris de l’ampleur a point qu’aujourd’hui dans l’Inde de Modi, la figure de Netaji est en train d’éclipser celles de Gandhi ou d’Amberkar.
Pour son 125e anniversaire, Narendra Modi est spécialement rendu au Bengale pour rendre hommage au “grand homme”. En effet, chaque 23 janvier, on célèbre en Inde l’anniversaire de Netaji Subhas Chandra Bose, né en 1897. Ces dernières années, le culte a pris de l’ampleur au point, aujourd’hui, que dans l’Inde de Modi, la figure de Netaji est en train d’éclipser celles de Gandhi ou d’Amberkar. L’an dernier, le Jharkland, un État du nord de l’Inde, vient de déclarer le 23 janvier jour férié. C’est au Bengale dont Bose, alias Netaji (“chef respecté”), est originaire, que les cérémonies ont le plus d’importance. N. Modi vient d’annoncer que le 23 janvier serait désormais célébré au niveau de toute l’Union.
Vu d’Europe, le personnage Subhas Chandra Bose est très controversé. Ce militant nationaliste indien qui luttait contre la domination britannique de son pays avait réussi en 1940 à échapper à la surveillance des Anglais pour se rendre à Berlin, via Moscou, afin de réclamer l’aide de l’Allemagne nazie. Il fut accueilli chaleureusement par Himmler en avril 1941 et pu même rencontrer Hitler et envisager la création d’une Légion de SS indiens recrutée parmi les prisonniers de Rommel en Afrique. La politique du Führer lui importait peu, il était en quête d’une force militaire lui permettant de chasser les Anglais des Indes. Déçu que Hitler ait préféré attaquer l’URSS qui avait aussi les sympathies de Bose, lequel admirait tous les régimes autoritaires, il a demandé à rejoindre le Japon. Un sous-marin allemand va donc le conduire dans l’océan Indien où un sous-marin japonais l’attend. Il va participer à l’invasion de la Birmanie par l’armée japonaise. De là, avec quelques milliers d’hommes, il parvient à mettre un pied sur le sol indien et occupe pendant trois mois une petite ville du futur État de Manipur. Pour cela, les nationalistes indiens le célèbrent aujourd’hui comme le fondateur de l’armée indienne. La prise de la petite ville de Moirang a été la première (et unique) victoire d'Azad Hind Fauj, connue sous le nom d'Armée nationale indienne (INA) contre l'armée britannique en Inde. Le 14 avril 1943, pour la première fois le drapeau indien était hissé sur une terre indienne libérée des Anglais. En 1944, Subhas Chandra Bose forme un gouvernement provisoire établi dans les îles Andaman, sous occupation japonaise. Le 23 janvier 2018, Narendra Modi, le premier ministre de l’Inde, a renommé l’île de Ross, l’une des îles Andaman « Netaji Subhas Chandra Bose Dweep ». En 2019, le 23 janvier, Modi a inauguré à Delhi, un musée dédié exclusivement au légendaire combattant de la liberté et à son armée nationale indienne. On y expose notamment la chaise de Netaji lorsqu’il siégeait aux Andaman. Au Bengale, les enfants des écoles sont chaque année mobilisés pour des levés de drapeau. La maison natale de l’homme illustre est devenue un musée que Shinzo Abe, le très nationaliste premier ministre japonais, était venu visiter. C’est d’ailleurs à Tokyo, dans le temple Renkoji, que reposent les cendres de Netaji. En effet, le gouvernement provisoire indien n’a pas survécu à la débâcle japonaise et Subhas Chandra Bose est mort dans un accident d’avion en 1945, à Formose (Taiwan), encore sous occupation japonaise.
Au Bengale, on milite depuis longtemps pour que le Netaji’s Birthday soit déclaré Patriot’s Day à l’échelle de l’union indienne. Cette démarche est relayée par les courants nationalistes qui ont le vent en poupe depuis la victoire électorale de BJP. Au Maharastra, l’anniversaire de Bose coïncide avec celui de Bal Thackeray (1926-2012), un auteur de BD, admirateur déclaré d’Hitler, et fondateur d’un parti fascisant, le Shiv Senna. Ce puissant parti politique à l’échelle locale organise chaque 23 janvier une grande parade, couleur safran, dans les rues de Bombay. Cette année en raison de l’épidémie de covid, la parade sera virtuelle.
le tweet de Narendra Modi, ce 23 janvier
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 22 janvier 2021
Timbre-poste de 1964. Depuis, l’Inde a émis cinq autres timbres à l’effigie de Netaji.
« Give me your blood, and I shall give you freedom » (Donnez-moi votre sang et je vous donnerai la liberté), sa citation la plus connue.
15 novembre : en Inde, les suprémacistes hindous vouent un culte à l’assassin de Gandhi
La frange la plus nationaliste du mouvement hindouiste voue aujourd’hui un culte à l’assassin du Mahatma Gandhi, Nathuram Godse. Celui-ci avait été aussitôt arrêté, emprisonné et condamné à la pendaison. Celle-ci a eu lieu le 15 novembre 1949.
Le 30 janvier 1948, le Mahtama Gandhi, apôtre de la non-violence, était assassiné. La date est toujours commémorée officiellement en Inde mais peu à peu vidée de son sens, même si le BJP au pouvoir mentionne toujours Gandhi comme le père de la nation. Celui-ci figure toujours sur les billets de banque indiens mais, son discours est complètement détourné, puisque la politique menée depuis quelques années par le premier ministre Modi est faite en son nom. Pire, la frange la plus nationaliste du mouvement hindouiste voue aujourd’hui un culte à son assassin, Nathuram Godse. Celui-ci avait été aussitôt arrêté, emprisonné et condamné à la pendaison. Son exécution a eu lieu le 15 novembre 1949. En ce jour anniversaire, le mémorial qui lui est dédié à Pune (ville située près de Bombay) accueille la foule des sympathisants de la cause. La famille ouvre l’urne contenant ses cendres pour les fidèles désireux d’obtenir la bénédiction du « patriote » en contemplant ses restes. Le 15 novembre est commémoré par la Hindu Mahasabha, parti extrémiste hindou, comme « jour de sacrifice ».
Il est reproché à Gandhi d’avoir été trop conciliant à l’égard des musulmans et d’avoir favorisé la création du Pakistan en 1947. Ce serait donc un traître à la patrie que Godse a exécuté. Le BJP au pouvoir n’a pas (encore) repris ce discours mais laisse dire les franges les plus nationalistes, comme le RSS, dont justement Nathuram Godse était membre à l’époque. Ce mouvement fasciste a été dissous après l’assassinat de Gandhi, il a aujourd’hui à nouveau pignon sur rue et il est responsable de nombreux faits de violence envers les musulmans et les chrétiens, notamment ces derniers mois. Sans toutefois cautionner la violence, nombre d’intellectuels, souscrivant à l'idéologie de l'Hindutva, s’appliquent aujourd’hui à expliquer son geste, à en réévaluer la portée. Considérant qu’il allait dans le sens de l’histoire, que la patrie était en danger après la partition de l’Inde. Même des médias anglophones, comme The Indian Express, publié à Bombay, ont publié cette année des éditoriaux en ce sens.
Dans tout le pays, plus d’une douzaine de statues du meurtrier de Gandhi ont déjà été érigées. Plusieurs temples hindous sont en cours de conversion en temples à la mémoire de Nathuram Vinayak Godse. Parallèlement, ces derniers mois, des suprémacistes hindous dégradent des représentations de Gandhi, attaqué ses mémoriaux et griffonné le mot traître sur sa photo. En juin 2019, une statue de Gandhi a même été décapitée publiquement dans l'est de l'Inde… Le phénomène est récent, il date de l’arrivée au pouvoir du BJP en 2014. Nathuram Godse est également célébré le jour anniversaire de sa naissance, le 19 mai ainsi que chaque 30 janvier (jour de son crime).
Un tel culte est à rapprocher de celui d’Ygal Amir, l’assassin de Yitzhak Rabin, premier ministre israélien et prix Nobel de la paix. Les suprémacistes juifs réclament régulièrement sa libération alors qu’il a été condamné à la prison à vie. Quant à Anders Breivik, l’auteur du massacre d’Oslo et d’Utøya, il est devenu l’égérie de nombre de néonazis et de suprémacistes blancs de par le monde.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 14 novembre 2020
Pooja Shakun Pandey, l’une des dirigeantes du Hindu Mahasabha, rejoue la scène de l’assassinat
26 janvier : l'Inde célèbre son modèle démocratique
Jour de la République, en Inde, célèbre l’entrée en vigueur de la Constitution qui fait de l’Union indienne « une république souveraine, socialiste, laïque, démocratique » et un État où la démocratie est toujours bien vivante. Combien de pays d’Asie peuvent en dire autant ?
Les pays où les résultats des élections ne sont pas connus d’avance ne sont pas aussi nombreux qu’on ne le pense. Voilà au moins une différence majeure entre l’Inde et la Chine : l’alternance démocratique. L’année dernière, celle-ci n’a pourtant pas eu lieu, le BJP au pouvoir a au contraire renforcé ses positions. Le pourrait-il aujourd’hui alors que les différentes oppositions sont très remontées contre sa politique d’exclusion des minorités.
Un défilé militaire très coloré et teinté de ferveur patriotique parcours chaque 26 janvier la majestueuse avenue Rajpath à New Delhi pour ce Jour de la République. La date célèbre l’entrée en vigueur de la Constitution qui fait de l’Union indienne « une république souveraine, socialiste, laïque, démocratique », le 26 janvier 1950. Est-ce encore le cas aujourd’hui que la BJP a fait voter une loi excluant les non hindous de toute possibilité de naturalisation ? La nouvelle loi sur la citoyenneté (le Citizenship Amendment Act, CAA) qui définit implicitement ceux qui, parmi les « réfugiés », peuvent être considérés comme « légaux ». La définition se fait sur une base religieuse visant à conforter la majorité du pays décrite comme « hindoue ».
73 ans après l’indépendance de 1947, la « plus grande démocratie du monde » jouit d’un système politique stable, où les élections permettent de changer le gouvernement et où la presse et la justice veillent au respect des droits des citoyens. L’envers du décor : une bureaucratie imposante, une corruption endémique (lien de nombreux politiciens avec la pègre), un clientélisme politique généralisé, l’émergence de partis populistes et une dérive du pays vers un système de discrimination raciale clairement affirmé. Le fait que le brésilien Jair Bolsonaro soit, aujourd’hui, l’invité d’honneur du défilé militaire de Delhi, n’est pas un très bon signe.
Aujourd’hui, des défilés ont lieu dans différentes villes, c’est aussi l’occasion pour l’Inde mettre en scène sa puissance militaire. Le Jour de la République est également l’occasion au Cachemire de manifester contre la politique de New Delhi à son égard.
De 1930 à 1947, chaque 26 janvier, le Parti du Congrès (le mouvement indépendantiste indien) appelait à manifester contre l’occupation britannique du pays. Cette date était désignée comme le « Jour de l’indépendance » depuis qu’en 1930, le 26 janvier, ce parti avait proclamé (sans effet) l’indépendance du pays en réponse à l’octroi d’un simple statut de « dominion » à l’Inde par les Britanniques qui occupaient le pays.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 26 janvier 2020
12 novembre : le 550e anniversaire de Guru Nanak, fondateur du sikhisme
C’est l’une des principales fêtes de leur calendrier que les sikhs célèbrent aujourd’hui, en l’honneur de leur fondateur, Guru Nanak né en 1469. L’événement du 550e anniversaire est l’occasion d’une pose dans les hostilités entre l’Inde et le Pakistan. En effet, l'ouverture historique du corridor de Kartarpur, qui permet temporairement aux Indiens d'accéder à l'un des sanctuaires les plus sacrés du sikhisme sans avoir à demander un visa.
C’est l’une des principales fêtes de leur calendrier que les sikhs célèbrent aujourd’hui, en l’honneur de leur fondateur, Guru Nanak né en 1469. L’événement du 550e anniversaire est l’occasion d’une pose dans les hostilités entre l’Inde et le Pakistan. En effet, l'ouverture du corridor de Kartarpur, qui permet temporairement aux Indiens d'accéder à l'un des sanctuaires les plus sacrés du sikhisme sans avoir à demander un visa, est historique. Les tensions entre les voisins ont rendu difficile, ces dernières année, pour les pèlerins indiens l’accès au site situé au Pakistan, mais un accord conclu le mois dernier permet aux fidèles indiens de se rendre plus facilement au temple de Darbar Sahib situé à Kartarpur au Pakistan, à 4 km de la frontière, là où Guru Nanak a passé la 18 dernières années de sa vie.
Les cérémonies ont commencé depuis trois jours déjà par la lecture ininterrompue du livre sacré des sikhs : le Guru Granth Sahib. Puis, tôt ce matin, dans toutes les communautés sikhs, et particulièrement à Amritsar (Pendjab indien), haut-lieu du sikhisme, une longue procession va quitter le temple (gurdwara) entourant le livre sacré porté sur un char couvert de guirlandes de fleurs. En tête du cortège, cinq gardes armés qui représentent les cinq premiers baptisés de cette religion (on les appelle « les bien-aimés ») portent avec fierté le drapeau sikh. Un orchestre de musique traditionnelle et religieuse rythme la marche dans une ambiance festive et recueillie à la fois. Ensuite, un grand repas est offert aux fidèles comme aux passants.
Guru Nanak, né en 1469 non loin de Lahore (Pakistan) fut un grand poète et un grand mystique. Il fonda une communauté de disciples (traduction du mot « sikh ») qui prônait le monothéisme et ne se voulait ni musulmane ni hindoue. Elle rassemble aujourd’hui quelque 27 millions d’adeptes, Indiens à plus de 80%.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 12 novembre 2019
Pèlerins sikhs franchissant le corridor de Kartarpur
15 octobre : Durga Puja, la plus grande fête bengalie
Durga Puja dure 5 jour. Elle est célébrée au Bengale occidental (surtout à Calcutta), en Assam, Orissa et au Bangladesh. Selon la mythologie hindoue, la déesse Durga (déesse guerrière) est descendue sur terre lors de Mahalaya afin de tuer le démon Mahishasura.
Durga Puja dure 5 jour, cette année, à partir du 15 octobre. Elle est célébrée au Bengale occidental (surtout à Calcutta), en Assam, Orissa et au Bangladesh (jour férié). Ailleurs en Inde, elle est aussi connue sous le nom de Navaratri, la grande fête de la Mère Divine, et dure 10 jours.
Selon la mythologie hindoue, la déesse Durga (déesse guerrière) est descendue sur terre lors de Mahalaya (un jour avant Navaratri) afin de tuer le démon Mahishasura. À cette occasion, d’énormes statues à l’effigie de la déesse Durga sont construites dans les maisons et sont exposées sur des podiums au travers la ville.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 14 octobre 2018