L’Almanach international

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13 mai : la fête des Pretos Velhos, au Brésil, en mémoire des anciens esclaves

Chaque 13 mai, les adeptes de l’Umbanda célèbrent les Pretos Velhos. Le 13 mai, anniversaire de la loi qui a aboli l'esclavage. C’était en 1888, il y a 135 ans. Le Brésil était le dernier État américain à libérer ses esclaves.

 

Au Brésil, chaque 13 mai, les adeptes de l’Umbanda célèbrent les Pretos Velhos, des figures vénérées par cette religion afro-brésilienne. Ce sont les esprits des Africains noirs réduits en esclavage dans le pays et qui, du fait de leur âge avancé, avaient le pouvoir et le secret de vivre longtemps grâce à leur sagesse et endurer l'amertume de la vie terrestre. On célèbre l'esprit Umbanda tout au long du mois de mai, mais sa journée spéciale est le 13 mai, anniversaire de la loi d'or (Lei Áurea ) qui a aboli l'esclavage. C’était en 1888, il y a 135 ans. Le Brésil était le dernier État américain à libérer ses esclaves. Il sera également le dernier à les laisser tous voter. Au Brésil, le droit de vote pour les pauvres (qui sont majoritairement noirs) ne date que de la constitution de 1988, soit un siècle après l’abolition de l’esclavage.

L’Umbanda ne compte qu’un demi-million de membres au Brésil, mais cette fête déborde largement de la communauté des descendants d’esclaves qui la pratiquent au quotidien. Le 13 mai n’e’st pas une célébration nationale, mais certaines municipalités en ont fait un festival local qui se déroule le dimanche le plus proche du 13 mai.

La plupart des adeptes d'Umbanda croient aux esprits, dont il existe trois niveaux distincts : les esprits purs, les bons esprits et les mauvais esprits. Les Pretas et Pretos Velhos (vielles femmes et vieux hommes noirs) sont considérés comme de bons esprits. En fait, ils font partie des esprits les plus aimés, respectés et vénérés d'Umbanda. Les adeptes croient que les Pretos Velhos sont des esprits gentils, sages et pacifiques d'anciens esclaves morts en esclavage. 

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 12 mai 2023

 
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Météorologie, 11 mai Bruno Teissier Météorologie, 11 mai Bruno Teissier

11 mai : chaque année, les saints de glace

Ces saints ont disparu du calendrier catholique dans les années 1960, mais la sagesse populaire comme les aléas climatiques semblent perpétuer leur mémoire. Cette année, les fameux saints semblent bien être au rendez-vous !

 

Inutile de chercher sur un calendrier saint Mamert, saint Pancrace ou saint Servais, vous trouverez, à leur place, sainte Estelle, saint Achille et sainte Rolande. Il en est ainsi depuis 1960. L’Église catholique a décidé alors de remplacer les saints associés à ces « inquiétudes » agricoles (subsistance de paganisme aux yeux du Vatican) par des saints sans aucun lien avec ces croyances populaires. Fêtés les 11, 12 et 13 mai de chaque année, saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais sont, malgré cela, toujours observés par les agriculteurs de la même manière qu’ils étaient, autrefois, invoqués, pour protéger les récoltes. On cherchait à éviter l’effet néfaste sur les cultures d’une baisse de température qui pouvait se produire à cette période, en particulier des gelées nocturnes. Une fois ces trois jours passés, le gel, disait-on, n’était plus à craindre. Un quatrième saint, plus tardif, saint Urbain, fêté le 25 mai, est parfois rajouté, en Alsace et en Lorraine.

Il semblerait bien que celle légende ait un fond de vérité, si l’on en croit les astrophysiciens (en raison de la trajectoire de la terre en cette période) même si, avec le réchauffement climatique, le risque de froid et de gel, pourrait se déplacer irrémédiablement vers le mois de mars. Cette année, toutefois, les fameux saints semblent bien être au rendez-vous !

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 10 mai 2023

 
Les reliques de saint Pancrace en l'Église de Saint-Nicolas de la ville de Wil, en Suisse

Les reliques de saint Pancrace en l'Église de Saint-Nicolas de la ville de Wil, en Suisse

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1972, Madagascar, révolution Bruno Teissier 1972, Madagascar, révolution Bruno Teissier

13 mai : Madagascar célèbre le cinquantenaire sa seconde indépendance

Le 13 mai 1972, la Première République malgache était renversée par une révolte populaire réprimée dans le sang. Une date qui a marqué la culture politique de la Grande île, qui commençait à prendre ses distances avec la France, et imposé l’armée au pouvoir.

 

Le « Mai malgache » ou plus précisément la « Révolution du 13-Mai » ne fait pas l’objet d’un jour férié même si cette date a façonné la mémoire collective de la Grande île. Pour ce 50e anniversaire des évènements du 13 mai 1972, la commémoration ne se limite pas à celle qu’organisent chaque année les « soixante-douzards » (de l’association « Hetsika 13 mai 72 » ), les manifestants qui ont renversé le régime de Philibert Tsiranana. Cette année, l’Université d’Antananarivo, la Fondation Friedrich-Ebert et la Commune Urbaine d’Antananarivo organisent plusieurs journées de commémoration tout au long de ce mois de mai 2022, cependant l’épicentre sera la journée du 13 mai à l’esplanade d’Ankatso le matin et sur le parvis de l’hôtel de ville d’Antananarivo l’après-midi.

Tout avait commencé fin 1971 par des mouvement lycéens, puis début 1972 par une grève des étudiants de l’école de médecine de Befelatanana dont les sortants étaient appelés, à l’époque des « médecins de l’indigénat » et étaient toujours affectés en banlieue, d’où leur frustration. Les manifestations ont pris de l’ampleur et l’allure d’une contestation du régime (la Première République malgache créée sous l’égide de la France). Acculé par la violence , notamment celle de sa propre police, le président Tsiranana avait d’abord envisagé de laisser le pouvoir aux étudiants qui l’ont refusé, puis à l’Église, nouveau refus. Finalement, c’est l’armée qui en a hérité (et, un demi siècle plus tard, ne l’a toujours pas lâché !). Le général Gabriel Ramanantsoa, étant le plus haut gradé de l’époque, est devenu le chef d’État, lors de la « Transition militaire ». Il était notamment reproché à Tsiranana d’être trop influencé par la France si bien que sa chute a été vue par beaucoup comme la deuxième indépendance de Madagascar (après celle officielle du 26 juin 1960). Cette révolution est, en effet, le début d’un processus de « malgachisation »  à marche forcée menée par un nouveau président plutôt conservateur. Il ne faut pas confondre avec la révolution qualifiée de socialiste, qui placera la Grande île dans la mouvance soviétique en 1975. Cependant, le renversement, en mai 1972, de la Première République suscite également la résurrection symbolique des victimes de l’insurrection déclen­chée le 29 mars 1947, dirigée contre l’occupation française. Dès son accession au sommet du pouvoir, Didier Ratsiraka, en 1975, leur fera ériger un mausolée.

À Antananarivo, les principales cérémonies ont lieu la Place du 13 mai « Kianjan’ny 13 mai », situé devant l’Hôtel de Ville, connu depuis 1972 pour être l’espace urbain de contestation. C’est là que, le 13 mai 1972, des milliers de manifestants se rendirent pour réclamer la libération d’étudiants arrêtés et envoyés au bagne. Les forces de l’ordre ont tiré sur la foule, faisant près de 40 morts et de nombreux blessés. C’est ce que l’on commémore aujourd’hui par des dépôts de gerbes et des programmes culturels qui ont démarré, il y a quelques jours à l’occasion de ce cinquantenaire.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 12 mai 2022

 

La place du 13-Mai, à l’époque

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1783, Russie, Ukraine, Armée, 13 mai, Crimée Bruno Teissier 1783, Russie, Ukraine, Armée, 13 mai, Crimée Bruno Teissier

13 mai : les Russes célèbrent leur flotte de la mer Noire et leur présence en Crimée

Cette célébration annuelle a pris une dimension particulière depuis que, en 2014, la Crimée a été annexée par la Russie. Elle rappelle la date du 13 mai 1783. Ce jour où l’impératrice russe, Catherine II, signait un décret impérial qui autorisait la création d’une base navale et d’une flotte sur une mer où la Russie n’avait pas encore ses repères.

 

Cette célébration annuelle a pris une dimension particulière depuis que, en 2014, la Crimée a été annexée par la Russie. Elle rappelle la date du 13 mai 1783. Ce jour où l’impératrice russe, Catherine II, signait un décret impérial qui autorisait la création d’une base navale et d’une flotte sur une mer où la Russie n’avait pas encore ses repères. Peu de temps auparavant, l’escadre de l’amiral Klokatchev pénétrait dans la baie d’Akhtiarskaïa. Un mois plus tard, au fond de cette baie commencera la construction de la ville de Sébastopol, le futur siège de la flotte russe dans le sud de la péninsule de Crimée, prise aux Ottomans. 

La flotte de la mer Noire a été créée le 13 mai 1783 par le prince Grigory Potemkine. C’est lui également qui fondera la future base navale. Laquelle au fil des siècles n’a rien d’un décor à la Potemkine. Quant à la flotte, ce n’est pas elle qui va mettre en difficulté le tsar Poutine, comme le cuirassé Potemkine avait ébranlé le trône de Nicolas II. Au contraire, au moment de l’annexion de la Crimée, plusieurs dizaines de navires ukrainiens ont fait le choix de rejoindre la flotte de la mer Noire (celle de la Russie), avec leur équipage au complet. 

Sébastopol, au moment de la disparition de l’URSS, s’était retrouvé en Ukraine, avec un droit d’usage de la Russie, mais le bail se terminait en 2017. Poutine ne pouvant accepter cela, a préféré prendre les devants en mettant la main sur la Crimée avant le terme. Ensuite, l’objectif des Russes est l’exclusion complète des Ukrainiens de la mer Noire. Il y a pour cela deux étapes. La première est en train de se dérouler : c’est le blocage du détroit de Kertch menant à la mer d’Azov, un passage essentiel pour le commerce maritime de l’Ukraine. Le 24 avril dernier Moscou annoncé que la traversée des eaux de la Fédération de Russie serait suspendu pour tous les navires étrangers, militaires comme civils, jusqu’au 31 octobre. La procédure d’étouffement est en cours. La seconde étape sera de provoquer des soulèvements dans la ville d’Odessa, le seul grand port libre qu’il reste à l’Ukraine. La manœuvre consistera ensuite à venir en aide aux insurgés et à occuper Odessa, avant de l’annexer, comme Sébastopol. Ainsi étouffée, l’Ukraine tombera comme un fruit mûr dans l’escarcelle de la Russie. Avec l’espoir, du côté des Russes, que l’OTAN sur lequel comptent l’Ukraine et la Géorgie, ne réagira pas… Qui veut mourir pour Kiev ou Odessa ?

Sébastopol où se déroulent aujourd’hui les traditionnelles festivités militaires, a été assiégée en 1854 lors de la guerre de Crimée (un fait d’armes français qui valut de baptiser un boulevard parisien à son nom) puis à nouveau par l’Allemagne nazie, en 1941 (l’un des plus longs sièges de la guerre, la ville fut déclarée martyre comme Stalingrad et Leningrad).

On est ici sur un carrefour multiethnique, ces terres ont été grecques, turques, russes, soviétique et ukrainiennes. On est au cœur des mers chaudes tant convoitées par la Russie, née à plusieurs milliers de kilomètres de là. La Crimée est une dérisoire consolation pour un empire et une puissance perdue. Néanmoins, dangereuse pour son environnement immédiat. Quand cette fête a été instaurée en 1996, Moscou était encore loin des positions géostratégiques que la Russie a pu reconquérir en 25 ans. C’est cette réussite qui est célébrée aujourd’hui avec ce Jour de la flotte de la mer Noire (День Черноморского флота), célébré chaque 13 mai à Sébastopol et à Novorossiysk. Ne pas confondre avec le Jour de la marine (День Военно-Морского Флота), observé fin juillet.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 12 mai 2021

 
photo du ministère russe de la Défense

photo du ministère russe de la Défense

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