L’Almanach international
Parce que chaque jour est important quelque part dans le monde
12 mai : la Géorgie fête la Saint-André
La journée est connue comme Le jour de l'arrivée du Saint Apôtre André le Premier Appelé en Géorgie. Il commémore l'arrivée de saint André en Géorgie, marquant le début de la christianisation du Caucase.
Cette année, la Saint-André tombe un dimanche mais c’est un jour férié officiel, chômé s’il tombe en semaine. La journée est connue comme Le jour de l'arrivée du saint apôtre André le Premier appelé en Géorgie (წმინდა მოციქულის ანდრია პირველწოდებულის საქართველოში შემოსვლის დღე). Il commémore l'arrivée de saint André en Géorgie, marquant le début de la christianisation du Caucase.
André est originaire de Bethsaïde, en Galilée, sur les bords du lac de Tibériade. Lui et son frère Simon, pêcheur de profession. C’est lui qui présente Simon à Jésus qui le nommera Pierre et en fera un de ses principaux disciples, André est néanmoins considéré, notamment par les Géorgiens, comme le premier apôtre du Christ. Alors que selon la tradition Simon-Pierre aurait terminé sa vie à Rome, ville de son martyre, symbole l’Église d’Occident, André serait parti prêcher l’Évangile lors d’un long voyage autour de la mer Noire, avant de mourir martyrisé à Patras, en Grèce.
Il aurait débarqué en Géorgie, dans la région de l’Adjarie actuelle. La tradition ecclésiale de Géorgie considère saint André comme le premier prédicateur du christianisme en Géorgie et comme le fondateur de l'Église orthodoxe géorgienne. En 2008, une grande statue représentant saint André a été installée devant une cascade près du village de Sarpi, en Adjanie, où André serait venu. Les jeunes mariés ont pris l’habitude de venir se faire photographier devant.
Jadis, il était fêté le 13 novembre par les Églises d’Orient (et il l’est encore dans maints endroits), avant que sa fête soit déplacée au 12 mai. L’Occident, de son côté, le fête le 30 novembre.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 12 mai 2024
La statue de saint André devant une cascade de Sarpi
12 mai : les Serbes de Bosnie célèbrent leur bien peu glorieuse armée
C’est une armée qui est tout sauf glorieuse en raison du nombre de crimes de guerre commis pendant ses années d’activité, qui est glorifiée aujourd’hui par les autorités de la Republika Srpska, l’entité autonome serbe de la Bosnie-Herzégovine.
Cette date du 12 mai est avec le 9 janvier, considérée par les autorités serbes de Bosnie-Herzégovine, comme l’une des plus importantes de l’histoire de l’entité serbe qui revendique son autonomie. C’est l’anniversaire de la formation de l’armée de la Republika Srpska (Војска Републике Српске, abrégée en « VRS »), le 12 mai 1992, sur les décombres de l’Armée yougoslave en pleine déliquescence.
La possession de cette force a permis aux autorités nationalistes locales de faire valoir ses vues lors des accords de Dayton, le 21 novembre 1995. Cette armée qui a eu jusqu’à 185 000 hommes, n’existe plus aujourd’hui. Le 1er janvier 2006, elle s’est intégrée à l’Armée de la république de Bosnie-Herzégovine, dont elle est aujourd’hui une composante. La Republika Srpska continue néanmoins d’en célébrer chaque année l’anniversaire, sous le nom de Journée de l'armée de la Republika Srpska et du troisième régiment d'infanterie (Дан Војске Републике Српске и Трећег пјешадијског пука). Ce jour-là, les forces armées présentent localement organisent des cérémonies. L’Église, toujours proche du pouvoir, prévoit des offices religieux. Des messes sont dites pour les 23 000 soldats tombés pendant le conflit yougoslave. Les militaires ouvrent les casernes aux habitants et notamment aux enfants des écoles. Comme en Serbie et en Russie, la chose militaire est largement valorisée par les nationalistes qui occupent le pouvoir. Milorad Dodik, le Premier ministre (extrême droite) de la Republika Srpska se désole chaque 12 mai de la disparition de cette armée, laquelle a pourtant commis de nombreux massacres.
Son commandant en chef, Ratko Mladić, surnommé le boucher des Balkans, a été condamné à la prison à perpétuité par le TPIY pour génocide et crime de guerre, en particulier le bombardement de population civile à Sarajevo et le terrible massacre de Srebrenica. L’épopée guerrière de cette armée est tout sauf glorieuse en raison du nombre de crimes de guerre commis pendant ses années d’activité. Les autorités serbes préfèrent taire cette réalité et célébrer le mythe d’une armée patriotique qui aurait défendu le peuple serbe.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 11 mai 2023
11 mai : chaque année, les saints de glace
Ces saints ont disparu du calendrier catholique dans les années 1960, mais la sagesse populaire comme les aléas climatiques semblent perpétuer leur mémoire. Cette année, les fameux saints semblent bien être au rendez-vous !
Inutile de chercher sur un calendrier saint Mamert, saint Pancrace ou saint Servais, vous trouverez, à leur place, sainte Estelle, saint Achille et sainte Rolande. Il en est ainsi depuis 1960. L’Église catholique a décidé alors de remplacer les saints associés à ces « inquiétudes » agricoles (subsistance de paganisme aux yeux du Vatican) par des saints sans aucun lien avec ces croyances populaires. Fêtés les 11, 12 et 13 mai de chaque année, saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais sont, malgré cela, toujours observés par les agriculteurs de la même manière qu’ils étaient, autrefois, invoqués, pour protéger les récoltes. On cherchait à éviter l’effet néfaste sur les cultures d’une baisse de température qui pouvait se produire à cette période, en particulier des gelées nocturnes. Une fois ces trois jours passés, le gel, disait-on, n’était plus à craindre. Un quatrième saint, plus tardif, saint Urbain, fêté le 25 mai, est parfois rajouté, en Alsace et en Lorraine.
Il semblerait bien que celle légende ait un fond de vérité, si l’on en croit les astrophysiciens (en raison de la trajectoire de la terre en cette période) même si, avec le réchauffement climatique, le risque de froid et de gel, pourrait se déplacer irrémédiablement vers le mois de mars. Cette année, toutefois, les fameux saints semblent bien être au rendez-vous !
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 10 mai 2023
Les reliques de saint Pancrace en l'Église de Saint-Nicolas de la ville de Wil, en Suisse
12 mai : la Journée du Patrimoine finlandais
La Journée du Patrimoine finlandais célèbre un philosophe né en 1806, un 12 mai, et mort en 1881. Il s’agit de Johan Vilhelm Snellman qui a œuvré toute sa vie à faire du finnois une langue. Laquelle ne deviendra la langue officielle de la Finlande au côté du suédois, qu’en… 1917.
La Journée du Patrimoine finlandais (Suomalaisuuden päivä) célèbre un philosophe né en 1806, un 12 mai, et mort en 1881. Il s’agit de Johan Vilhelm Snellman qui a œuvré toute sa vie à faire du finnois une langue. Toutefois, celle-ci ne deviendra la langue officielle de la Finlande au côté du suédois, qu’en… 1917.
Au XIXe siècle, le suédois était la langue des élites culturelles et le russe, celle de l’administration. La Finlande, n’avait jamais existé en tant qu’État. Pendant des siècles, Elle n’a été qu’une province suédoise, puis russe. Le finnois était la langue des paysans , elle était très peu écrite jusqu’à la publication, en 1835, du Kalevala, la grande épopée nationale qui est célébrée chaque 28 février. Ce n’est qu’au cours du XXe siècle que le finnois s’est imposé comme langue littéraire, même si, aujourd’hui encore, certains écrivains finlandais continuent d’écrire en suédois, idiome qui demeure la langue maternelle d’une petite minorité des Finlandais.
En 1863, Snellman est devenu membre du Sénat. En tant que chancelier de l'Échiquier, il a fait appliquer le décret linguistique de l'empereur de Russie, mais aussi le rétablissement du Parlement de Finlande et l'introduction finale du markka finlandais qui a remplacé le rouble russe comme monnaie de la Finlande.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 11 mai 2021
Johan Vilhelm Snellman sur billet de 1976