L’Almanach international
Parce que chaque jour est important quelque part dans le monde
29 mai : le marathon de l’Everest
Ce matin à 7 h, s’élance le marathon le plus haut du monde. Son point de départ est à 5401 m d’altitude, c’est l’une des courses les plus difficiles au monde. Il a lieu chaque année le 29 mai depuis 2003 pour marquer l'anniversaire de la première ascension du mont Everest par Tenzing Norgay et Sir Edmund Hillary, en 1953.
Ce matin à 7 h, s’élance le marathon le plus haut du monde. Son point de départ est à 5401 m au-dessus de la mer, c’est l’une des courses les plus difficiles au monde. Le Tenzing Hillary Everest Marathon (THEM) a lieu chaque année le 29 mai depuis 2003, année du cinquantenaire de la première ascension du mont Everest par Tenzing Norgay, Sherpa népalais, et Edmund Hillary, alpiniste néo-zélandais, le 29 mai 1953. Depuis, le Marathon de l’Everest (एभरेस्ट म्याराथन) a eu lieu chaque année à la même date sauf en 2015, quand la course a été reportée en raison d'un tremblement de terre dévastateur qui a frappé le Népal.
Le signal de départ du marathon est donné au camp de base du mont Everest sur le glacier du Khumbu et à proximité immédiate de la célèbre cascade de glace du Khumbu. La course mène sur des sentiers de montagne accidentés et des sentiers de yaks jusqu'à Namche Bazar, la "capitale Sherpa" à 3440 m. En 2006, Deepak Rai a établi le précédent record du parcours avec un temps de 3h28.
L'édition 2024 est la 19e édition de l’événement, pour célébrer le 71e anniversaire de l'ascension réussie du mont Everest par Sir Edmund Hillary et Tenzing Norgay Sherpa. Les coureurs du monde entier peuvent participer aux catégories de leur choix, notamment 70 km pour l’Extreme Ultra, 42 km pour le Full Marathon et 21 km pour le Half Marathon. Les horaires de départ du marathon diffèrent selon chaque catégorie. L'ultramarathon commence à 5h, tandis que le marathon complet commence à 7h et enfin le semi-marathon commence à 8h. Le dénivelé total entre le point de départ et le point d'arrivée peut atteindre 1620 m. Le point le plus bas de l'itinéraire se trouve à Laubisasa, situé à 3439 m d'altitude. Le nombre de participants est limité à 250 car l’Everest souffre aujourd’hui d’une surfréquentation, au point que le Népal envisage régulièrement de restreindre son accès. Le site officiel
En 2008, après la mort d’Hillary, a été instituée la Journée internationale de l'Everest, célébrée également chaque 29 mai, pour commémorer les réalisations d'Hillary et de Tenzing et honorer leur héritage, ainsi que pour célébrer tous les alpinistes qui ont atteint le sommet et honorer la mémoire de ceux qui sont morts en essayant. La célébration est dirigée par l'Himalayan Trust, une organisation humanitaire internationale à but non lucratif créée par Sir Edmund Hillary pour apporter des soins de santé, de l'eau potable et une meilleure éducation aux communautés du district de Solukhumbu au Népal. En avril 2014, une avalanche sur le mont Everest avait tué 16 guides népalais. Le Trust a immédiatement créé un fonds pour soutenir les familles des personnes tuées dans la catastrophe. Le fonds comprend un programme de bourses pour les enfants des victimes, garantissant qu'ils reçoivent une éducation complète et les aidant à explorer d'autres opportunités d'emploi.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 28 mai 2024
L’école Hillary, une école secondaire de Khumjung, Népal, construite en 1961 et le buste de son fondateur.
11 janvier : les Népalais célèbrent le 300e anniversaire du fondateur du pays
Au Népal on célèbre Prithvi Narayan Shah, né le 11 janvier 1723. C’est lui qui a créé le Royaume du Népal au milieu du XVIIIe siècle en réunissant une vingtaine de petits États. Il a également fondé une dynastie qui a régné sur le pays jusqu’en 2008. Aujourd’hui, le Népal est gouverné par une coalition de partis antimonarchistes, qui s’est finalement résolue, avant-hier, à faire cet anniversaire un jour férié.
Prithvi Narayan Shah est né le 11 janvier 1723. C’est lui qui a créé le Royaume du Népal au milieu du XVIIIe siècle en réunissant une vingtaine de petits États. Il a également fondé une dynastie qui a régné sur le pays jusqu’en 2008.
Prithvi est un héros national, pourtant la célébration officielle de cet anniversaire n’était pas acquise, la décision de faire de ce 11 janvier un jour férié ayant été prise seulement… avant-hier. Ce jour a été férié au Népal de 1951 à 2006. Il a été supprimé lors de la révolution anti monarchiste qui a privé le dernier roi de ses pouvoirs et organisé la transition vers une république démocratique. Celle-ci a été instaurée le 28 mai 2008.
Mais, ce jour férié ayant été aboli, le district de Gorkha avait aussitôt proclamé une célébration locale en l’honneur de celui qui avait été son monarque. Prithvi Narayan Shah étaient, en effet, à la tête de ce petit royaume quand il s’est lancé à la conquête de la vingtaine de petits États qui, une fois réunis vont former, en 1768, le Royaume du Népal. À l’époque où le 11 janvier était férié, cette date était connue comme le Jour de l’Unité (नेपाल एकीकरण दिवस).
Il faut dire que cette dynastie d’une incroyable longévité (1768-2008) s’est particulièrement mal terminée. Birendra, l’avant-dernier roi, est mort assassiné en 2001 lors d’un banquet en même temps que la reine, ses enfants, et une bonne partie de la famille. L’auteur du massacre n’était autre que le prince héritier, fils aîné du roi, qui participait au dîner et se suicidera. Très opportunément, Gyanendra, le frère du roi était absent du Palais. C’est lui qui va hériter du trône mais avec le soupçon d’avoir inspiré le massacre. Sitôt devenu roi, Gyanendra a suspendu le Parlement et rétabli une monarchie absolue (le Népal était une monarchie constitutionnelle depuis 1990). Tout cela s’est terminé par une révolution démocratique qui a éclaté en 2006... Malgré tout, cela n’empêche pas une partie des Népalais de rester nostalgique de la monarchie et de militer pour sa restauration. Chaque 11 janvier, pour le Prithivî Jayanti (l’anniversaire du fondateur), les monarchistes organisaient des célébrations, interdites par le nouveau pouvoir, ce qui provoquait des manifestations qui tournaient régulièrement à l’émeute.
Cette année, pour le tri centenaire du fondateur de la nation, la coalition gouvernementale (gauche extrême gauche très antimonarchique) a finalement cédé à la pression populaire qui, d’ailleurs, dépasse largement le cercle des agitateurs royalistes, et accepté de pour célébrer officielement l’événement. Le caractère annuel de ce jour férié, le 27 Poush du calendrier Népalais, qui tombe ce 11 janvier sera-t-il rétabli pour en faire une célébration nationale indépendante de la forme du régime politique ?
Prithvi Narayan Shah (पृथ्वी नारायण शाह), le fondateur du "grand" Népal, est né en 1723 à Gorkha c’était le fils du roi Nara Bhupal Shah et de sa seconde épouse, la reine Kaushalyawati. Après la mort de son père, Prithvi Narayan Shah monta sur le trône de Gorkha à l'âge de 20 ans le 3 avril 1743. Avant que ne commence la campagne d'unification, le Népal était divisé en une juxtaposition de petits royaumes au nombre de 22 et 24 États selon les époques, affaiblis par des rivalités internes et d’incessantes batailles entre eux.
Ayant créé le Népal (du sanskrit nipalaya qui signifie « au pied des montagnes »), Prithvi a fait de Katmandou la capitale du royaume du Népal mais tout en continuant à résider à Gorkha. Longtemps le Népal a continué à être appelé le royaume Gorkha, d’où l’attachement de la population de cette ville à la figure de Prithvi. Le gorkhalî, proche du hindi est devenu la langue commune du Népal sous le nom de népalî .
Prithvi Shah avait également surnommé le Népal « l'Asal Hindustan », ce qui signifie « la vraie terre des hindous », car le nord de l'Inde actuelle était à l’époque gouverné par les Moghols (des musulmans). Il a également conseillé aux Népalais de « ne jamais quitter le dharma traditionnel de leurs ancêtres ». Autrement dit, il a fermé le pays pour deux siècles, coupant le Tibet de tout contact avec l’Inde. Le Népal est resté fermé aux étrangers jusqu’en 1951.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 11 janvier 2023
Prithvi Narayan Shah, fondateur du Népal
Gorkha, départ de la marche au flambeau, le 9 janvier, pour arriver à Katmandou le 11 janvier
Manifestation royaliste devant la statue de Prithvi Shah, décorée de fleurs
29 janvier : le Népal célèbre ses martyrs
Ces martyrs que le Népal honore d’un jour férié sont tous ceux qui ont perdu la vie en luttant contre le pouvoir absolu de la famille Rana qui a régné sur le Népal pendant plus d’un siècle (de 1846 à 1951), mais aussi tous les morts de la guerre civile qui s’est terminée en 2006.
Ces martyrs que le Népal honore d’un jour férié sont tous ceux qui ont perdu la vie en luttant contre le pouvoir absolu de la famille Rana qui a dirigé le Népal pendant plus d’un siècle (de 1846 à 1951), avec le soutien des Britanniques, ainsi que les victimes de la récente guerre civile. À cette époque, le roi était relégué à une simple poste de représentation, le pays était dirigé de manière autoritaire par une dynastie de premier ministre, les Rana.
Le premier martyr officiel est Lakhan Thapa Magar. Il fut le premier à se rebeller contre Jung Bahadur, le premier ministre qui a pris le pouvoir en 1846 et s’est arrogé le titre héréditaire de Rana. Sous cette lignée, autoritaire et très corrompue, toute dissidence était interdite, l’éducation a été volontairement négligée afin de maintenir le peuple sous sa coupe. Le titre de Rana a, finalement, été aboli en 1951, lors d’une révolution constitutionnelle et la dynastie de premiers ministre chassée du pouvoir. La liste des martyrs comprend également Dharma Bhakta Mathema, Gangalal Shrestha, Dashrath Chand et Shukraraj Shastri. Tous ont été exécutés fin janvier 1941. C’est cet anniversaire qui tombe le 16 Magh du calendrier népalais (soit le 29 ou le 30 janvier du calendrier grégorien) qui est célébré aujourd’hui comme le Jour des martyrs ou Shaheed Diwas ( सहिद दिवस ). Un cinquième révolutionnaire, Ramhari Sharma, leur est souvent associé. Il est qualifié de martyr vivant, car étant brahmane, il n'a pas été exécuté.
À ces martyrs historiques, on associe aussi les quelque 13 0000 Népalais qui ont perdu la vie pendant la guerre civile entre le camp monarchique et les rebelles maoïstes qui a ensanglanté le Népal de 1996 à 20006. C’est leur mémoire que la Journée des martyrs (Shahid divas) a été réactivée et rendue fériée et chômée.
La porte des Martyrs (Shahid gate), le monument aux martyrs, a été érigée à Katmandou, la capitale du Népal. Le premier ministre et les hauts fonctionnaires se doivent de visiter ce monument aussitôt après avoir prêté serment. De nombreux parcs et rues au Népal portent le nom des martyrs pour honorer leur contribution au développement du pays. Les commémorations durent généralement toute la semaine qui précède, à l’instar de la compétition de la ligue de football Shahid Memorial A-division, organisée par l'Association népalaise de football et qui dure une semaine, c'est-à-dire du 10 au 16 Magh.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 28 janvier 2022
Shahid Gate, le monument aux martyrs de Katmandou