L’Almanach international

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2008, Inde, femmes, 24 janvier Bruno Teissier 2008, Inde, femmes, 24 janvier Bruno Teissier

24 janvier : l’Inde s’inquiète pour ses filles

L’Inde est l’un des pays au monde où il naît le moins de filles. Aussi pour sensibiliser la société à la nécessité de respecter et de protéger les filles, on a instauré une Journée nationale de la fille, le 24 janvier.

 

Le 24 janvier, les Indiens célèbrent la Journée nationale de la fille (National Girl Child Day). Elle a été instaurée en 2008 pour sensibiliser la société à la nécessité de respecter et de protéger les filles. La célébration est coordonnée par le ministère de la Femme et du Développement de l'enfant.

L’Inde est avec le Chine, l’un des pays au monde où il naît le moins de filles : 937 pour 1000 garçons. Jadis on les faisait disparaître discrètement à la naissance, aujourd’hui grâce aux échographies, on pratique des avortements sélectifs. Pour éviter cela, il est aujourd’hui interdit aux médecins de révéler le sexe de l’enfant, mais la pression de la famille est telle… L’écart entre les sexe s’accroît pendant les premières années de la vie des enfants, car on prend moins soin d’une fille. Selon un proverbe indien, « élever une fille revient à arroser le jardin de son voisin » En effet, avoir une fille c’est s’occuper d’elle, dépenser pour son mariage (la dot), pour que celle-ci plus tard ne se consacre qu’à sa belle-famille. Dans un pays où il n’y a quasiment pas de retraite, n’avoir que des filles c’est la perspective de terminer sa vie, seul et, pour les plus pauvres, dans la misère. Les garçons, au contraire, sont ceux qui s'occuperont des parents âgés.

L’équilibre fille/garçon n’est pas propre à toutes les États de l’Union indienne. Il concerne avant le nord et l’ouest du pays, surtout les États les plus conservateurs comme l’Haryana, le Pendjab, le Cachemire où le ratio tombe à 8,8/10, mais aussi les société très patriarcales de l’Uttar Pradesh ou du Gujerat. Le phénomène est infiniment moins marqué sur la côte orientale, de l’Orissa au Tamil Nadu ainsi que dans le Nord-Est où on est autour de 9,8. Quant au Kerala, qui confirme sa singularité, il y naît un peu plus de filles que de garçons 10,8/10.

Chaque année, le 24 janvier, les Indiens célèbrent la Journée nationale des filles. Cette année, on célèbre le dixième anniversaire du programme Beti Bachao, Beti Padhao (BBBP) (« Sauver les filles, éduquer les filles ») lancé par le premier ministre Narendra Modi en janvier 2015. Le ministère de la Femme et du Développement de l'enfant a lancé cette journée en 2008. Depuis, la journée est célébrée dans toute l'Inde avec un thème annuel. Celui de 2025 est « Donner aux filles les moyens de se construire un avenir meilleur ». Ce thème met l'accent sur la nécessité d'offrir aux filles des chances égales de diriger et de façonner leur avenir tout en reconnaissant leur rôle vital dans la société.

À l’échelle internationale, il existe une Journée internationale, le 11 octobre, proposée par l’ONU.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 24 janvier 2025

(Photo Ramesh Lalwani) 

La ministre du Développement de la femme et de l'enfant, Renuka Chowdhury, présente un calendrier, lors du lancement de nouvelles initiatives pour le bien-être des filles, à New Delhi, en janvier 2009.

 
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1859, Roumanie, 24 janvier, indépendance Bruno Teissier 1859, Roumanie, 24 janvier, indépendance Bruno Teissier

24 janvier : les Roumains fêtent le jour de l'Unité

Il a 165 ans, le 24 janvier 1859 naissait la Roumanie de l’union de le la Moldavie et de la Valachie… Ce jour férié est de création récente (2013), cette Fête de l'union (Ziua Unirii) s’insère dans le processus d’exacerbation du nationalisme de la part d’un régime aux tendances populistes.

 

Le 24 janvier 1859, naissait la Roumanie fruit de l’union de la Moldavie et de la Valachie. Ce n’était encore qu’une « Petite Roumanie » qui, en 1918, sera agrandie d’autres provinces… Mais en 1859, l’union de deux principautés de langue roumaine n’était pas une évidence. Leurs anciens tuteurs, russes et ottomans, auraient préféré les garder distinctes. L'Union des Principautés (Petite Union) a eu lieu le 24 janvier 1859, par l'élection d'Alexandru Ioan Cuza comme dirigeant des deux principautés - le 5 janvier 1859 en Moldavie et le 24 janvier 1859 en Valachie. Finalement, il a bien fallu admettre leur union et la naissance d’un État, pas encore indépendant et qui prendra le nom, un peu plus tard, de Roumanie.

Ce jour férié a été créé récemment (2013), cette Fête de l'union (Ziua Unirii) s’insère dans le processus d’exacerbation du nationalisme de la part d’un régime aux tendances populistes. À Bucarest, une cérémonie est organisée au pied de la statue du prince Alexandru Ioan Cuza, située sur la colline du patriarcat roumain. Même chose dans d’autres villes du pays où une cérémonie militaire et religieuse se déroule au monument d'Alexandre Cuza sur la place Unirii. Depuis 2016, le 24 janvier est chômé dans tout le pays.

Cette année 2024, pour le 165e anniversaire de l’union, c’est à Iași et à Focșani, que se déroule l’essentiel des festivités, en présence des présidents du PSD (gauche) et du PNL (droite), Marcel Ciolacu et Nicolae Ciucă, mais en l’absence du président de la république, Klaus Iohannis, qui a choisi de rester à Bucarest et de participer à la cérémonie organisée à 12h au monument "Tombeau du Soldat inconnu" dans le parc Carol I. De son côté, le Premier ministre Marcel Ciolacu est présent à la cérémonie de décoration des drapeaux de bataille de l'état-major général des forces terrestres et de la 2e Division d'infanterie "Getica", à 12h. Quant au parti d’extrême droite AUR, il organise à Iasi une marche dédiée au 24-Janvier, sur l'itinéraire Piaţa Unirii - Palatul Culturii.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 23 janvier 2024

 
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1781, Bolivie, cultures précolombiennes Bruno Teissier 1781, Bolivie, cultures précolombiennes Bruno Teissier

24 janvier : le culte d’une divinité pré-hispanique en Bolivie

Aujourd’hui, à La Paz en Bolivie, débute la Feria de las Alasitas une foire des miniatures basée sur un culte précolombien en l’honneur d’Ekeko, dieu andin de la prospérité et de l’abondance.

 

Des centaines de personnes se rassemblent au parc urbain central de la ville de La Paz à 00h00 précise, ce mardi 24 janvier pour accomplir une tradition de gratitude envers les Ekeko. Aujourd’hui, en effet, débute la Feria de las Alasitas, la principale fête de la capitale bolivienne. La fête dure deux semaines, mais le 24 janvier précisément on y honore une divinité précolombienne, Ekeko, le dieu de la prospérité et de l’abondance. Alasitas est une foire, d’ailleurs, le mot « alasitas » signifie « achète-moi » en langue aymara.

Pendant des siècles, le culte des divinités autochtones a été interdit par les Espagnols. En Bolivie, la situation a changé après le siège de La Paz en 1781 par un groupe d'Aymaras conduit par Túpac Katari. Après avoir repoussé les Aymaras, le gouverneur Sebastian de Segurola a rétabli la célébration en l'honneur d'Ekeko en signe de bonne volonté. Cependant, il l’a déplacé au 24 janvier pour honorer en même temps la patronne de la ville, Notre-Dame de la Paix (Nuestra Señora de La Paz ), pensant que la vierge avait aidé les Espagnols à repousser une armée rebelle aymara de quarante mille hommes qui par deux fois en 1781 avait mis le siège devant la ville de La Paz.

Dans la culture amérindienne, Ekelo était célébré à l’occasion du solstice d’été, vers le 21 décembre, et non le 24 janvier comme en ont décidé les Espagnols. Il était représenté jadis sous la figure d’un petit bonhomme dodu et bossu pourvu d’un phalus disproportionné, symbole de fertilité. La communauté andine des Kallawayas, aujourd’hui encore, a conservé cette représentation. Mais le 24 janvier, à la Paz, l’effigie de l'Ekeko prend l’allure d’un petit homme, aux traits indigènes. Il est gros – il faut rappeler qu'il est le dieu de l'abondance, il ne peut donc pas être maigre – et porte le costume traditionnel bolivien, avec un bonnet andin. La figurine a la bouche ouverte pour y placer une cigarette allumée. La croyance populaire indique que si la cigarette n’est consommée qu’à moitié, elle n'apportera ni prospérité ni souhaits à celui qui l'offre. La miniature doit être installée au domicile de chaque personne et être surveillée tous les mardis et vendredis en changeant sa cigarette ou en lui offrant de l'alcool.

Durant la foire de l’Alasita, les visiteurs achètent des miniatures représentant de l’argent, des voitures, des maisons, du matériel de construction, des vêtements, de l’électroménager, de la nourriture … espérant que tout cela se fera réalité dans le futur. Le 24 janvier, des gens de toute la Bolivie viennent à La Paz pour acheter des versions miniatures des objets qu'ils souhaitent avoir ou réaliser au cours de l'année qui vient.

Même édulcorées, beaucoup de traditions précolombiennes ont connu un renouveau depuis la présidence Evo Moralès. L’Unesco a déclaré la Feria de las Alasitas, patrimoine culturel et immatériel de l'humanité, préservant même une tradition pré-hispanique typique des habitants des hauts plateaux andins.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 24 janvier 2023

 

Si on rêve d’avoir une maison, il convient de l’acheter d’abord en miniature et de la faire bénir dans l’espoir que le vœux se réalisera

Le parc urbain central de la ville de La Paz (photo Alvaro Montes)

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1950, Inde, fête régionale, 24 janvier Bruno Teissier 1950, Inde, fête régionale, 24 janvier Bruno Teissier

24 janvier : l'Uttar Pradesh Day, célébration du plus peuplé des États de l'Inde

La célébration d’un État de l’Inde, en pleine dérive ultra hindouiste marquée par l’intolérance religieuse et l’incitation à la violence.

 

L' État indien de l’Uttar Pradesh se souvient de sa création le 24 janvier 1950, par le regroupement des provinces d’Agra et d’Oudh. L’Uttar Pradesh Day (उत्तर प्रदेश दिवस)  est une célébration récente, c’est une initiative du gouverneur de l’État, Ram Naik, en 2017. 

 L’Uttar Pradesh, souvent appelé simplement UP, fort de 200 millions d’habitants, est l’État le plus peuplé de l’Inde. En 1836, la majeure partie de ce qui est aujourd'hui l'UP a été regroupée en Provinces du nord-ouest de l'Inde britannique. La région comprenait également les royaumes d'Ajmer et de Jaipur (maintenant au Rajasthan). Suite à l'échec de la rébellion indienne de 1857, les autorités britanniques réorganisent les frontières administratives des régions les plus rebelles, séparant Delhi et Ajmer des provinces du nord-ouest. Le royaume d'Oudh nouvellement annexé, d'autre part, a été incorporé à l'État. En 1902, la région est rebaptisée Provinces-Unies d'Agra et d'Oudh. En 1920, la capitale de la province a été déplacée d'Allahabad à Lucknow, l'actuelle capitale de l'Uttar Pradesh. Ensuite, au cours de la première moitié du XXe siècle, la région a été au cœur du mouvement indépendantiste indien.

Peu de temps après la proclamation de l'indépendance de l'Inde, les Provinces-Unies d'Agra et d'Oudh ont été rebaptisées Uttar Pradesh, qui se traduit par « province du nord ». Le changement de nom est entré en vigueur le 24 janvier 1950, on fête aujourd’hui cet anniversaire. Le dernier changement majeur dans l'Uttar Pradesh s'est produit en 2000, lorsque des districts du nord se sont séparés pour former l'État d’Uttarakhand, jusqu’alors connu sous le nom d'Uttaranchal.

Le Jour de l'Uttar Pradesh (Uttar Pradesh Diwas, ou UP Diwas) est particulier en 2022 car les divers partis politiques se préparent à participer aux élections UP 2022. Le ministre en chef de l'Uttar Pradesh, le très controversé Yogi Adityanath (BJP), un nationaliste et un hindouiste forcené, en profite pour imposer sa vision, affirmant que l'Uttar Pradesh, l’État du lieu de naissance de Maryada Purushottam Prabhu Shri Ram et de Leeladhar Shri Krishna, n’est autre que le cœur de l'Inde, le berceau de la culture indienne. Le gouvernement de l’UP pratique l’intolérance religieuse et l’incitation à la violence. Une journée comme le 24 janvier ne peut qu’exacerber cette dangereuse tendance.

Les élections dans les 403 circonscriptions de l'Assemblée de l'Uttar Pradesh se dérouleront en sept phases à partir du 10 février. Le scrutin dans l'Uttar Pradesh se tiendra les 10, 14, 20, 23, 27 février et les 3 et 7 mars en sept phases. Le dépouillement des votes aura lieu le 10 mars 2022. En 2017, le BJP (l’extrême droite nationaliste) avait remporté 312 sièges, soit une écrasante majorité. Dans le camp adverse, Priyanka Gandhi Vadra et son frère, Rahul Gandhi, espère un sursaut du Parti du Congrès. À la même période, des élections se dérouleront aussi au Pendjab, dans l'Uttarakhand, au Manipur et à Goa.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 24 janvier 2022

 

L’homme fort de l'Uttar Pradesh, le très controversé Yogi Adityanath, un nationaliste et un hindouiste extrémiste

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