3 mai : les Japonais en vacances fêtent leur constitution
La Journée de la constitution ou Kenpō kinen bi (憲法記念日) est un jour férié qui n’a pas un grand retentissement dans le pays, mis à part une journée porte ouverte de la Diète (le parlement japonais) et quelques discours officiels retransmis à la télévision. Elle n’est pas oubliée pour autant car cette journée fériée s’inscrit dans la Golden week, une série de jours chômés qui permet chaque année aux Japonais de prendre des vacances de printemps.
La constitution de l'État du Japon (日本国憲法, Nihon-koku kenpō), votée le 3 novembre 1946 et entrée en vigueur le 3 mai 1947. Elle est en partie inspirée par le travail de Douglas MacArthur alors commandant suprême des forces d'occupation alliées au Japon. La préoccupation de l’époque était de prendre le contrepied du régime belliqueux et autoritaire qui régnait au japon jusqu’en 1945. Les Japonais s’en sont, depuis, parfaitement accommodé. C’est un des fondements du pacifisme japonais.
Cette constitution est une rare au monde à ne jamais avoir été modifié même si Shinzō Abe, le très nationaliste premier ministre du début du XXIe siècle avait tout fait pour la réformer, mais sans y parvenir. Son projet principal était de réécrire son article 9 rédigé comme suit :
« Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l’ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux.
Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l’État ne sera pas reconnu. »
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 3 mai 2024
Un fragment de l’original de la constitution japonaise.